Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2017-12-07
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-12-07
Wortprotokoll
"On est ce qu'on mange": je trouve cette affirmation particulièrement juste. L'alimentation est un enjeu crucial pour chacun et chacune d'entre nous et doit redevenir l'affaire de tous. D'ailleurs, au IVe siècle avant Jésus-Christ déjà, Hippocrate aurait dit: "Que ta nourriture soit ta médecine et ta médecine ta nourriture", ce qui montre bien l'importance centrale de l'alimentation dans nos vies.
La souveraineté alimentaire est le droit de chaque population de définir sa propre politique agricole et alimentaire sans avoir d'effets néfastes sur les populations d'autres régions. Tous les quatre ans, la politique agricole de notre pays est discutée au Parlement, avec parfois de gros changements et de fortes répercussions et parfois la continuation du système en place.
Comme cela a déjà été relevé, lors des votations fédérales de septembre dernier, la population a confirmé de façon très nette son soutien à une agriculture et à une alimentation durables. Mais, malgré le plébiscite en faveur d'une production indigène, le Conseil fédéral présente une Vue d'ensemble du développement de la politique agricole qui va dans le sens inverse de ce qui a été décidé par la population. La voie dans le sens du libre-échange prise par le Conseil fédéral m'interpelle et renforce d'autant plus ma position au sujet de l'initiative populaire que nous traitons aujourd'hui.
Nous devons maintenant mettre en oeuvre l'article 104a de la Constitution pour revaloriser le travail de toutes les personnes vivant de l'agriculture en Suisse. Je suis favorable à ce que certains éléments de l'initiative soient repris comme le contre-projet défendu par la minorité Jans le propose. Je souhaite une agriculture qui offre un avenir aux générations futures, en assurant par des prix rémunérateurs des revenus équitables aux paysans et employés agricoles et en garantissant aux jeunes un accès à la terre.
La Confédération doit favoriser une agriculture paysanne diversifiée qui tienne compte de nos ressources naturelles, protège nos semences et renonce aux OGM. Nous devons soutenir une agriculture à l'écoute de la population et une alimentation citoyenne. Notre agriculture doit devenir souveraine. Nous, consommateurs, voulons renforcer la production indigène pour manger local. Dans mon supermarché, j'en ai marre de voir des produits, comme des poivrons, qui viennent d'Amérique latine ou encore de l'agneau qui vient de Nouvelle-Zélande. Il faut renforcer les circuits courts pour donner de l'élan à la production de proximité, pour réduire les transports et pour garantir une meilleure traçabilité des produits. Le marché doit devenir plus transparent et être au service des paysans et des consommateurs, et non au service des grossistes.
Par conséquent, je soutiendrai le contre-projet de la minorité Jans. Il s'agit en effet de donner une nouvelle impulsion à notre politique agricole et alimentaire en donnant des perspectives aux paysans et en répondant aux attentes de la population sur les plans social, écologique et alimentaire.