Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2002-06-10
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-06-10
Wortprotokoll
Sur un point, je serai d'accord avec M. Cuche: nous n'avons vraiment pas besoin, nous, les hommes, du tir obligatoire pour exprimer notre virilité. Là-dessus, on est d'accord! (Hilarité) Mais contrairement à vous, Monsieur Cuche, je n'ai pas besoin non plus de vouloir supprimer le tir obligatoire pour démontrer que je peux être viril sans ça. Au fond, je trouve finalement que vous en faites une bien grande affaire, ou plutôt que vous en faites une trop petite affaire.
Naturellement, les propos de M. Salvi sont un petit peu déprimants parce qu'ils remettent en cause presque l'obligation civique des administrations cantonales militaires. Il y aurait peut-être là, en effet, un redressement à opérer: il est évident que s'il commence à y avoir du laxisme, par rapport à une obligation, du côté des administrations elles-mêmes ou du côté des autorités politiques - qui les couvrent peut-être -, ce n'est pas sain.
Cela étant, il ne faut pas en faire une trop grande affaire, mais il ne faut pas non plus minimiser. Le tir obligatoire - comme l'ont dit certains porte-parole de groupe -, cela paraît tellement logique qu'il existe. Dès lors que nous avons une armée de milice avec des miliciens qui doivent être maîtres de leur arme, qui doivent être capables d'avoir une certaine compétence dans son maniement, il est normal qu'il y ait un exercice, et il s'agit en effet d'un exercice qui doit permettre un niveau de maîtrise et de performance suffisant. C'est la raison pour laquelle je crois que cette obligation va de pair avec l'obligation de servir.
D'autre part, c'est vrai qu'il y a aussi un signe politique, en ce sens que c'est une manifestation parmi d'autres de la volonté de maintenir une neutralité armée. Je pense que c'est un signe visible qui, d'ailleurs, frappe les observateurs étrangers. Et puis - ça n'est pas complètement négligeable non plus -, il y a, de par la responsabilité qui est prise par les sociétés organisatrices et les sociétés de tir pour concrétiser l'obligation, quelque chose qui est sain et qui est positif.
Bien sûr, je conçois que cela puisse poser des problèmes à des communes, que ce ne soit pas très bien observé par des administrations et qu'il puisse y avoir des difficultés, alors cela peut être l'occasion de se pencher sur ces points, mais il n'y a en tout cas pas lieu de supprimer le tir obligatoire.
Pour terminer, j'observerai quand même que ceux qui proposent la suppression du tir obligatoire sont ceux qui, d'une manière générale, proposent bien d'autres suppressions et ceux qui, finalement, proposent de supprimer l'armée.
Tout se tient et, par conséquent, tout se tient aussi du point de vue de la commission qui, l'ayant rejetée par 16 voix contre 8, vous demande de rejeter la proposition de minorité Cuche.