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Dormond Marlyse · Nationalrat · 2002-06-10

Dormond Marlyse · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-06-10

Wortprotokoll

Après trois ans de travaux au sein de la commission du Conseil des Etats et trois mois dans celle du Conseil national, nous devons aujourd'hui nous prononcer sur le projet "Armée XXI". La différence de la durée des travaux dans chacune des commissions ne veut pas dire que celle du Conseil national s'est ralliée aux décisions du Conseil des Etats, tant s'en faut. Au contraire, le projet qui nous est soumis laisse la forte impression que la majorité de droite de la commission du Conseil national a été beaucoup plus soumise aux demandes et aux désirs du Conseil fédéral et de l'administration militaire que ne le furent le Conseil des Etats et sa commission.

De manière plus générale, posons-nous la question de savoir dans quel contexte la Suisse révise sa législation militaire. La Suisse est un tout petit pays au coeur de l'Europe, entouré de pays démocratiques. Tous ces pays ont réduit leur budget militaire et ont des armées dont les effectifs se situent entre 100 000 et 200 000 hommes pour les plus importantes. En Europe occidentale, les risques de conflits pour les dix prochaines années sont très faibles. Le plus grand danger pour notre pays, comme pour l'ensemble des pays occidentaux, vient du terrorisme, et pour cet élément-là, ceux qui veulent une armée de 220 000 hommes n'apportent aucune réponse.

Ce n'est pas par un concept digne des années cinquante du XXe siècle que la Suisse pourra répondre aux menaces de l'avenir. Seule une collaboration intelligente avec nos voisins, telle que celle mentionnée dans le "Rapolsec 2000", peut apporter une réponse crédible. Croire que la Suisse peut élaborer sa défense comme un îlot au milieu de l'Europe est un leurre. Déjà aujourd'hui, nous achetons notre matériel à l'étranger, nous dépendons des autres pays pour la fourniture de pièces de rechange - les péripéties des F/A-18 nous le rappellent -, et nos pilotes s'entraînent à l'étranger. Qu'on le veuille ou non, la Suisse ne peut plus être seule et isolée sur le plan de la défense.

En conclusion, "Armée XXI" va dans le bon sens en ce qui concerne la réduction des effectifs, mais des points importants restent encore à améliorer.

Aussi, au nom du groupe socialiste, je vous recommande de rejeter la proposition de minorité Schlüer de renvoi au Conseil fédéral et de soutenir la proposition de renvoi de minorité I (Haering).