Golay Roger · Nationalrat · 2018-02-28
Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-02-28
Wortprotokoll
Mon postulat intitulé "Cyberrisques. Pour une protection globale, indépendante et efficace", signé par 62 parlementaires, dont la totalité des membres de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national, vient compléter à point nommé la motion de Monsieur le conseiller aux Etats Dittli 17.3507, "Création d'un commandement de cyberdéfense dans l'armée suisse", acceptée, après modification, par les deux chambres.
Comme vous le savez, certains pays interfèrent de plus en plus dans les systèmes de communication, de décisions démocratiques et de conduite d'autres Etats. La Suisse n'y échappe pas. Cette réalité laisse transparaître des faiblesses importantes dans le domaine de la cybernétique. En ce moment même, nombreuses sont les nations qui se font à l'idée de renforcer leurs réponses à ce type de menaces. Nous devons en faire de même.
Que demandons-nous d'autre au Conseil fédéral, à l'échelon de notre pays et en toute souveraineté, que le renforcement et la coordination dans ce domaine? Que demandons-nous d'autre que l'assurance qu'il existe bien un plan qui mette la Suisse à l'abri d'une attaque simultanée de son alimentation électrique ou d'une attaque de son système bancaire, de son gouvernement ou d'autres secteurs stratégiques? Ces questions restent d'actualité.
Alors même qu'il a recommandé l'approbation, après modification, de la motion Dittli, le Conseil fédéral propose paradoxalement le rejet de mon postulat. Il désire s'abriter derrière une stratégie nationale de protection de la Suisse contre les cyberrisques. Or, cette stratégie ne résiste tout simplement pas à l'épreuve du contexte et du temps, au point qu'on doit se demander s'il s'agit vraiment d'une stratégie. Il n'est guère admissible de se référer, pour proposer le rejet du postulat, à un exercice de conduite vieux de cinq ans déjà, ainsi qu'à une évaluation promise dans un avenir tout proche.
Le Conseil fédéral doit apporter une réponse publique forte et convaincante à la population de notre pays sur l'aptitude de son appareil de conduite à parer les cyberrisques et à combattre efficacement d'éventuelles attaques de grande ampleur. Je reste persuadé que le Conseil fédéral, après avoir enduré l'attaque faite contre Ruag, sait que mon postulat a un fondement. Je pense qu'il aimerait laisser la possibilité à son administration de faire ses expériences sans pression parlementaire et populaire. Mais je pense, en la circonstance, que notre responsabilité est d'insister sur notre préoccupation et de demander le rapport mentionné dans mon postulat. Je pense enfin qu'au travers de l'acceptation de mon postulat, un signal fort serait donné pour l'encouragement au développement rapide, dans notre pays et pour notre pays, d'une industrie exceptionnellement futuriste, apte à relever avec nos autorités les défis de la cybermenace.
Je vous invite donc à soutenir vivement ce postulat.