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Derder Fathi · Nationalrat · 2018-03-15

Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2018-03-15

Wortprotokoll

Je précise que mon intervention sera très courte, parce que le problème est très simple. La Suisse connaît une sévère pénurie de cerveaux. Nous manquons d'ingénieurs depuis des années; nous connaissons tous les chiffres des années 2000 - il manque 15 000 ingénieurs - et ces chiffres croissent.

En raison de la numérisation de la société, du développement des "data sciences", de tout ce qui a trait à l'intelligence artificielle, nous avons très fortement besoin en Suisse de cerveaux; or nous en manquons. Alors il y a deux solutions. La première, c'est de les former; on a des hautes écoles qui travaillent à cela. La deuxième, bien entendu, c'est la voie migratoire; or aujourd'hui nous n'avons pas de politique migratoire spécifique pour attirer des cerveaux en Suisse.

Donc, si on résume, le problème est simple: on manque de cerveaux, mais on n'a pas de politique migratoire pour les attirer, donc je demande simplement qu'on corrige le tir et qu'on mette en place une politique qui nous permette de faciliter la remise de visas, notamment à des ressortissants de pays tiers. Au Conseil des Etats, récemment, une motion de mon collègue Noser dont le but était le même a été rejetée. Alors [PAGE 500] d'accord, on a laissé tomber la motion; rabattons-nous maintenant sur un postulat, une réflexion pour voir quelles sont les mesures qu'on peut mettre en oeuvre aujourd'hui pour attirer davantage de cerveaux.

L'année dernière, il y avait des titres dans la presse, que j'ai sous les yeux, qui faisaient état de demandes émanant des autorités vaudoises, genevoises, bâloises, autorités qui demandaient qu'on leur accorde plus de permis de travail; il y avait les fameux contingents pour les permis L qui posaient des problèmes. Donc il ne s'agit pas que de start-up; il s'agit de multinationales, d'entreprises qui aujourd'hui n'arrivent plus à embaucher.

Vous avez cité l'argument, lors du débat au Conseil des Etats sur la motion Noser, qui consistait à dire que la population avait donné comme mandat, le 9 février 2014, de limiter l'immigration et non pas de l'augmenter. Je ne crois pas, Madame la conseillère fédérale, qu'autoriser l'embauche d'un ou de deux bio-informaticiens pakistanais mettrait en péril notre politique migratoire. Par contre, cela satisferait très précisément aux besoins de jeunes entreprises ou d'entreprises bien établies dans des domaines d'excellence qui font la force de la Suisse, notamment dans le domaine scientifique.

Dans l'avis du Conseil fédéral publié en réponse à mon postulat, il était mentionné que vous attendiez qu'on termine les travaux de mise en oeuvre de l'article 121a de la Constitution fédérale. Le débat parlementaire est clos. Il est maintenant temps de satisfaire aux besoins de notre place scientifique afin de garantir la prospérité suisse et d'étudier les solutions pour permettre l'immigration de cerveaux en Suisse.