Lexipedia

Béglé Claude · Nationalrat · 2018-05-28

Béglé Claude · Nationalrat · Waadt · CVP-Fraktion · 2018-05-28

Wortprotokoll

Il faut distinguer, d'une part, les faits relatifs aux évènements en Syrie et, d'autre part, la capacité d'intervenir de notre Parlement.

En ce qui concerne les faits, on le sait tous, la situation sur le terrain correspond tout simplement à l'horreur. Au moment où votre commission a rédigé cette déclaration, le problème se limitait - si j'ose dire - aux attaques de la Turquie face aux Kurdes, ceux-là même qui avaient aidé à lutter contre le groupe "Etat islamique". Entre-temps, il y a eu toutes les attaques du régime de Bachar el-Assad sur la Ghouta orientale, enclave située tout près de la capitale, et l'évolution des tensions et des guerres entre les représentants de l'Iran et Israël puis, en arrière-plan, entre la Russie et les Etats-Unis, sans compter l'implication de tous les acteurs non gouvernementaux. Au fond, chacun se fait la guerre là-bas par procuration; cela fait un peu penser à la guerre d'Espagne avant la Deuxième Guerre mondiale. Or, ce sont les populations, qui, systématiquement, sont visées et font les frais de cette situation. C'est donc l'horreur.

Par contre, beaucoup plus intéressante est la question de savoir si notre Parlement a le droit d'intervenir ou non. Ici se pose - je suis d'accord avec Monsieur Köppel - la question de la neutralité. Cette question, j'aimerais la décliner de quatre façons.

1. A-t-on le droit de prendre position ou faut-il se contenter d'une prudente retenue? Notre sécurité est-elle mieux assurée en ne faisant rien ou en osant prendre position?

2. Si nous décidons de prendre position, pouvons-nous le faire de façon ponctuelle dans le cadre du dossier syrien sans le faire dans d'autres dossiers?

3. Comment éviter de se tromper et, par conséquent peut-être, de perdre sa crédibilité?

4. Quel est le rôle du Parlement dans la diplomatie parlementaire par rapport au Département fédéral des affaires étrangères, surtout lorsque nos diplomates mènent des négociations discrètes pour essayer d'arriver à réduire les souffrances des populations confrontées à cette guerre?

Se taire ou ne pas se taire: telle est la question.

La majorité de la commission estime qu'il est plus important de défendre nos valeurs fondamentales que de rester dans une prudente abstention. Nous estimons qu'il faut le faire de façon neutre. Et, d'ailleurs, la déclaration s'adresse, je le répète, à toutes les parties au conflit et ne met aucunement en danger ni les facilitations que le DFAE entreprend entre les parties, ni les appuis aux mécanismes locaux, ni la lutte contre l'impunité, puisque nous agissons de façon parfaitement neutre en nous adressant à toutes les parties. Ce n'est pas un conflit de gauche ou de droite, c'est un conflit de toutes les grandes puissances aujourd'hui.

Face à l'horreur, nous avons le devoir moral de rappeler aux belligérants, à tous les belligérants, la nécessité d'arrêter ce massacre. Se taire serait de la pleutrerie. Nous avons un devoir moral d'affirmer nos valeurs en tant que Suisses.