Page Pierre-André · Nationalrat · 2018-06-04
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-06-04
Wortprotokoll
Le débat a eu lieu, les avis sont clairement arrêtés, mais il est important de préciser quelques points et de répondre à quelques questions.
Cette initiative, comme l'a dit Monsieur Leo Müller, rapporteur de langue allemande, a été traitée correctement en commission et tous les éléments ont été discutés ouvertement. Je ne vous ai pas donné tout à l'heure le nombre de signatures, mais je vous le donne maintenant puisque nous avons entendu toutes sortes de chiffres: il s'agit de 119 626 signatures.
Pour répondre à Madame Rytz, qui a parlé de l'écornage douloureux et problématique, qui inflige de la douleur aux animaux, et pour répondre en même temps à Monsieur de Courten, je me permets de donner une explication. Les agriculteurs suisses - je ne parle pas des agriculteurs que vous voyez à la télévision, dans les grands espaces américains où l'élevage est pratiqué d'une façon que l'on ne souhaite pas - suivent une formation pour effectuer l'écornage. Une double anesthésie est effectuée sur les animaux: une première anesthésie générale et une deuxième anesthésie locale, donc l'animal ne sent absolument rien.
Madame Bertschy propose de fabriquer de nouveaux produits, issus d'animaux avec des cornes, à mettre sur le marché. Je crois que appartenez à un groupe parlementaire qui veut de moins en moins d'administration, qui veut une ouverture du marché: avec une telle proposition, on irait exactement en sens inverse; on créerait de nouvelles charges administratives supplémentaires.
Plusieurs d'entre vous ont parlé de la dignité des animaux. Quand on s'approche d'un animal sans crainte, lorsque l'éleveur peut aller sans crainte vers son animal, l'animal vient également vers lui sans crainte. Il y a donc une confiance mutuelle qui est créée, les animaux se sentent beaucoup mieux et sont beaucoup plus en confiance avec leurs éleveurs.
L'aspect financier a été évoqué plusieurs fois. Je crois qu'il est assez clair que, si par hasard l'initiative était acceptée, les soutiens financiers seraient pris dans le budget de l'agriculture.
Madame Thorens a parlé de la hiérarchie parmi les vaches. Pour être également éleveurs de vaches sans cornes, je crois que la hiérarchie se fait naturellement entre les vaches sans cornes. Vous pouvez venir voir dans ma ferme, Madame Thorens, elles ont vraiment établi une hiérarchie claire, et elles ne se blessent pas lorsqu'elles choisissent leur reine.
J'ajoute encore une information: il existe naturellement des races de vaches, les vaches Angus, qui sont génétiquement sans cornes. Donc l'animal ne souffre pas du tout s'il n'a pas de cornes.
Avec ces quelques remarques, au nom de la Commission de l'économie et des redevances, je vous prie de recommander le rejet de cette initiative populaire qui, à notre avis, propose des dispositions qui n'ont pas leur place dans la Constitution fédérale. La commission a pris sa décision, je le rappelle, par 10 voix contre 4 et 8 abstentions.