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Berberat Didier · Ständerat · 2018-06-12

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-06-12

Wortprotokoll

Tout d'abord, je remercie le Conseil fédéral de son rapport. Je partage l'appréciation du rapporteur de la commission et j'estime que la force de notre pays, c'est le droit, en premier lieu, parce qu'on n'a pas une armée très puissante, et le dialogue. Il est important que la Suisse puisse jouer son rôle en utilisant ces deux atouts et forces.

Je ne vais pas être trop long. Simplement, je souhaite intervenir sur la question du rapport et de sa forme. Si on peut comprendre l'exercice de concision qui consiste à résumer sur quelque cinquante pages le déroulement d'une année de politique étrangère et de politique de coopération au développement, il apparaît malgré tout, à la lecture du rapport, qu'on reste un peu sur sa faim. A mes yeux, davantage d'explications et un rapport plus détaillé permettraient de mieux comprendre ce que fait le Département fédéral des affaires étrangères et ses services. Pour connaître assez bien ce département, je sais qu'il déploie une intense activité dans le monde entier. Par conséquent, il est regrettable de ne résumer cela que sur cinquante pages.

Je suis conscient, certes, que, pour beaucoup de domaines, des rapports spécifiques expliquent et détaillent l'activité du département, mais je pense que, même si l'exercice de concision est intéressant, il faudrait que l'on trouve une solution pour donner non seulement aux parlementaires, mais aussi à la population en général, plus d'informations sur ce que fait le Département fédéral des affaires étrangères. Nous savons que les rapports que nous recevons ne sont pas lus par le grand public. Je pense même qu'ils ne sont pas lus par tous les parlementaires, donc il ne faut pas se faire beaucoup d'illusions. Toutefois, je crois qu'il est important que, une fois par année, nous nous penchions et nous fassions le point de manière assez complète sur notre politique étrangère.

Si le rapport avait été plus long ou si nous avions eu des annexes, le Conseil fédéral aurait pu nous faire part de ses réflexions et notamment de ses préoccupations plus en détail sur les conséquences, pour la position de notre pays, des grandes tensions dans les relations internationales. Dans l'édition du journal "Le Temps" d'aujourd'hui, l'ancien ambassadeur François Nordmann, une référence d'ailleurs en matière de politique étrangère, cite les sujets qui auraient pu être traités dans le rapport, puis lors de la discussion au Conseil national. Il mentionne notamment le réalignement des forces à l'oeuvre en Asie, la question de la crise transatlantique, les assauts contre les démocraties libérales auxquels se livrent malheureusement la Russie et la plupart des pays d'Europe orientale et centrale, la réaction populiste en Europe occidentale - qui, à titre personnel, m'inquiète beaucoup - et aux Etats-Unis. Certes, ces thèmes ont été, sont et seront traités dans les Commissions de politique extérieure de nos conseils, donc il n'y a pas de manque d'information vis-à-vis des parlementaires, mais peut-être pour la population. Si on veut un véritable débat national sur notre politique étrangère, il est important que les diverses sujets qui ont été cités soient traités.

Peut-être qu'une solution consisterait, par exemple, à garder le rapport sous sa forme actuelle comprenant environ 50 pages et à prévoir, en annexe au rapport, un certain nombre de rapports détaillés complémentaires pour le lecteur qui a plus de temps à consacrer que le lecteur pressé qui ne lit que 50 pages. Peut-être aussi que le fait d'indiquer dans le rapport des références à un certain nombre de rapports et d'études communiqués notamment aux Commissions de politique extérieure serait une solution. J'estime qu'il vaut la [PAGE 522] peine de disposer formellement de ce genre de détails qui n'intéressent pas que les parlementaires, mais bien entendu aussi les milieux universitaire, les milieux politiques dans les cantons, le milieu des journalistes et des médias.

Même si l'exercice - je le répète - est intéressant par rapport à ce qui a été fait les années précédentes, je pense qu'il manque des informations, ou en tout cas que les informations qu'on cherche ou qu'on serait en droit de chercher ne se trouvent pas dans le rapport sur la politique extérieure mais dans d'autres rapports qui ne sont pas toujours publiés ou qui ne sont pas toujours très accessibles.

Je me permets de poser trois questions au chef du Département fédéral des affaires étrangères. D'abord, comment la Suisse apprécie-t-elle la crise entre les Etats-Unis et l'Union européenne et la nouvelle politique américaine qui consiste à dénoncer petit à petit - Monsieur Lombardi en a aussi parlé - des conventions ou à prendre ses distances avec de nombreuses organisations internationales? Je sais qu'il y a un aspect économique, qui dépend plutôt de Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann, mais malgré tout il y a une inquiétude et je pense que le Conseil fédéral - on en a déjà parlé quelques fois en commission - partage cette inquiétude.

Ma deuxième question est la suivante: comment la Suisse apprécie-t-elle la politique de la Russie et de certains pays d'Europe centrale et orientale par rapport aux démocraties libérales, notamment en Europe? On voit qu'il y a une tension. La Suisse étant au centre de l'Europe, il est intéressant d'avoir l'appréciation du Conseil fédéral sur cette question.

Enfin, une troisième question un peu plus précise: comment le Conseil fédéral et vous-même, Monsieur le conseiller fédéral, appréciez-vous la récente décision américaine de déplacer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv-Jaffa à Jérusalem? Quelles conséquences cela aura-t-il pour la Suisse? Comment va-t-on se positionner dans ce domaine?

Je vous propose de prendre acte du rapport et je remercie d'avance le Conseil fédéral pour ses réponses.

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