Berberat Didier · Ständerat · 2018-09-19
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-09-19
Wortprotokoll
En ce qui concerne la motion Geissbühler, je vous demande de suivre la commission et de la rejeter.
En effet, comme l'a dit, Madame Seydoux, rapporteuse, Madame Geissbühler dresse un tableau idyllique de la situation en Erythrée. Malheureusement, cela a été dit, ce pays est pour l'instant une dictature. Certes, si on ne pouvait plus discuter avec les dictatures, on discuterait beaucoup moins. Mais je pense que la motion enfonce, en quelque sorte, une porte ouverte puisque, Madame Seydoux l'a rappelé, beaucoup de choses se font déjà par le DFAE - notamment la coopération avec d'autres Etats européens, le fait d'avoir un diplomate qui se rend régulièrement à Asmara. La politique actuellement suivie par le Conseil fédéral, par le DFAE et les autres départements concernés, est la bonne dans la mesure où beaucoup d'Etats européens disposant d'une puissance politique plus importante que la Suisse ont essayé de trouver des solutions. Malheureusement, ils se heurtent toujours à un mur.
Dire que la situation s'est améliorée en Erythrée est, je crois, une erreur. Madame Seydoux l'a relevé, beaucoup de rapports d'ONG montrent que, dans ce pays, on pratique encore les travaux forcés par l'enrôlement obligatoire des jeunes dans l'armée pour des durées qui ne sont jamais déterminées. Je crois qu'il est important qu'on continue le dialogue. Mais il ne sert à rien de prendre contact ou de discuter soit avec le président chef du gouvernement, soit avec le gouvernement lui-même, pour trouver des solutions.
On doit rejeter cette motion et continuer la politique qui porte ses fruits. Malheureusement, elle avance à petits pas. Mais, vous le savez, pour négocier il faut être deux, et je ne suis pas sûr que dans ce domaine, le gouvernement érythréen soit de très bonne foi.
Je ne vous cacherai pas - je l'ai déjà dit en commission - que je suis très étonné de l'intérêt que le Parlement porte à ce pays. Si on n'avait pas autant de requérants d'asile et de réfugiés, personne ne saurait où est l'Erythrée, personne ne s'inquiéterait de la situation humanitaire en Erythrée. Le seul problème qui se pose actuellement, c'est que nous avons des requérants d'asile, et je crois que les personnes qui souhaitent négocier - de bonne foi -, en fin de compte, ont un rêve un peu fou, c'est qu'elles pensent que si la négociation se passe bien, des flots de requérants et de réfugiés quitteront la Suisse pour aller en Erythrée. Je crois que la situation est plus complexe que cela.
Je vous demande de suivre la commission et d'aller dans le sens de ce que fait actuellement le Conseil fédéral.