Bendahan Samuel · Nationalrat · 2018-11-28
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-11-28
Wortprotokoll
Dans tout exercice budgétaire, l'un des travaux que nous devons accomplir est celui d'examiner quelle correspondance il y a entre les moyens que l'on met pour une tâche publique, financée par les contribuables, et l'impact que ces moyens ont pour le bien commun. Dans le domaine de la sécurité, il est vrai que c'est particulièrement difficile à faire. Les dépenses investies dans la sécurité fonctionnent un peu comme une assurance: on se protège contre toute une série de risques envers la population, ou - et c'est l'objet de la minorité que je vous propose - on investit dans le domaine militaire.
Je vous propose un amendement qui ne concerne pas le budget de l'année prochaine, mais la fin du plan financier 2020-2022. L'objectif est que, d'ici 2022, on ait réduit de 500 millions de francs le budget du groupe Défense. La raison pour laquelle la minorité a déposé cette proposition est la suivante. Les menaces en termes de sécurité pour le pays vont devenir de plus en plus nombreuses et diverses. Mais il est clair que les menaces les plus importantes ne sont pas de l'ordre de celles qui peuvent être combattues par des munitions, des tanks ou des bombes, mais bien de celles qui peuvent l'être par d'autres types de politique. Par exemple, la promotion de la paix internationale et l'engagement à l'étranger sont des manières bien plus efficaces de se prémunir contre les différents dangers qui menacent la sécurité interne de notre pays. La bonne nouvelle, c'est que pour chaque franc que nous investissons, notamment dans les politiques de promotion de la paix et de coopération internationale, nous nous prémunissons contre l'ensemble des risques qui existent pour la sécurité nationale, et non seulement contre les risques d'une invasion militaire avec des tanks, mais aussi contre ceux liés au terrorisme, ou à des cyberattaques. La promotion de la paix au niveau international et le recours à nos alliés sont les solutions les plus efficaces aujourd'hui pour tenter de protéger notre petit pays.
Je propose donc de réallouer les moyens et de retirer 500 millions de francs du budget "Défense", à la position A200.0001, d'ici à 2022, pour éviter, par exemple, que des gens utilisent des munitions pour tirer dans des talus afin de dépenser l'argent du budget ou que nous achetions du matériel qui n'a aucune utilité pour lutter contre le terrorisme, pour la cyberdéfense ou pour la promotion de la paix à l'international. Il faut que ces moyens soient plutôt investis dans une politique de sécurité crédible pour notre pays, laquelle se développe au niveau mondial et en collaboration avec les autres pays.
C'est pour cela que je vous invite à accepter cet amendement visant à retirer 500 millions de francs, d'ici 2022, du budget du groupe "Défense".