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Berberat Didier · Ständerat · 2019-03-13

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-03-13

Wortprotokoll

Lors de sa séance du 18 février dernier, notre commission a pris acte à l'unanimité du rapport sur la politique extérieure 2018. Comme son titre l'indique, ce rapport dresse un tableau général des activités menées par la Suisse en matière de politique extérieure au cours de l'année 2018 en se référant notamment à la Stratégie de politique étrangère 2016-2019.

D'une manière générale, notre commission qualifie ce rapport de concis et d'exhaustif, ce qui a d'ailleurs donné lieu à un débat nourri.

Au niveau géopolitique, la préservation d'un ordre international basé sur le droit est un défi majeur. Notre pays est aujourd'hui confronté à une tension entre une indispensable sécurité juridique et l'imprévisibilité de certains dirigeants politiques qui ne respectent plus les règles du droit et se retirent par ailleurs d'institutions multilatérales, ce qui rend bien entendu la situation difficile pour un pays comme le nôtre qui s'est toujours appuyé sur le droit pour faire valoir ses intérêts.

Le monde dans lequel nous vivons actuellement est multipolaire, et cette multipolarité se renforce. Cela, aux yeux de la commission et du Conseil fédéral, nécessite plus que jamais une collaboration et une action commune avec les Etats qui partagent nos valeurs.

La commission salue en particulier l'annexe 1 consacrée à la politique extérieure de la Suisse en matière de droits de l'homme 2015-2018. A ce sujet, nous nous sommes intéressés à la difficulté de concilier des objectifs de politique économique et de droits de l'homme, notamment dans le cas précis des relations avec la Chine et des différents dialogues menés avec ce pays dans le contexte de la mise en oeuvre de l'initiative des nouvelles routes de la soie. Certains membres de la commission ont émis des inquiétudes au sujet des investissements de la Chine en Suisse, notamment dans des entreprises d'importance stratégique.

La discussion a également porté sur la nécessaire coordination politique qui doit exister entre les départements fédéraux et également entre la Confédération et les cantons dans les relations avec ce pays d'Asie. Il a également été question des dialogues en matière de droits de l'homme avec d'autres pays, notamment le Vietnam, et la commission a pris acte que ce genre de dialogue, qui est une démarche exigeante, est actuellement réévalué par le DFAE.

Parmi les autres sujets abordés figurent au chiffre 2 les bons offices de la Suisse, qui permettent à notre pays de jouer un rôle important et très apprécié sur la scène internationale et qui gagnent en importance en cette époque de tensions mondiales. En plus d'exercer ses traditionnels mandats de puissance protectrice, comme c'est par exemple le cas entre les Etats-Unis et l'Iran, notre pays joue un rôle important en accueillant des pourparlers de paix et intervient également en qualité de médiateur de par le monde, à l'exemple du Mozambique.

Bien entendu, nos relations avec l'Union européenne ainsi que la question du Brexit, préoccupation constante qui a mobilisé et qui mobilisera encore la commission et notre conseil, figurent en bonne place dans ce rapport. Point n'est besoin à nos yeux d'en discuter aujourd'hui. Rappelons toutefois que les relations bilatérales avec nos cinq pays voisins se sont encore intensifiées, tant au niveau ministériel qu'au niveau de l'administration.

La commission salue aussi le fait que l'Agenda 2030 de l'ONU pour le développement durable soit considéré par le Conseil fédéral comme un cadre d'orientation important, tout comme le fait que la Confédération mette l'accent sur la formation professionnelle dans le cadre de ses relations bilatérales et multilatérales.

Nous avons également discuté des efforts déployés par la Suisse, sous l'angle de la politique extérieure, dans les domaines de la cybercriminalité et de l'espionnage, face aux agissements hostiles de certains Etats contre notre pays.

En ce qui concerne le personnel diplomatique, la commission a aussi discuté des missions à l'étranger qui n'emploient plus qu'un seul diplomate suisse et des problèmes causés par cette situation en cas d'absence ou d'empêchement du chef de mission. Cette question fera partie intégrante des réflexions du Conseil fédéral dans sa Stratégie de politique extérieure 2020-2023, qui sera encore cette année à l'ordre du jour de la commission puis de notre conseil.

Enfin, la commission salue le fait que le rapport contienne une énumération des rapports du Conseil fédéral consacrés à des thèmes de politique extérieure et une liste des publications du DFAE à ce sujet, ce qui était d'ailleurs une demande de notre commission.

En conclusion, la Commission de politique extérieure vous recommande, à l'unanimité, de prendre acte du rapport.