Marchand-Balet Géraldine · Nationalrat · 2019-06-05
Marchand-Balet Géraldine · Nationalrat · Wallis · CVP-Fraktion · 2019-06-05
Wortprotokoll
Le plurilinguisme est une constante de l'identité suisse. En tant que pays officiellement quadrilingue, il est évident que la Suisse possède un concept d'enseignement des langues exigeant et particulier. Cette particularité est prise en compte à l'article 70 alinéa 3 de la Constitution, qui confie un mandat étendu de politique linguistique à la Confédération et aux cantons.
La loi sur langues concrétise ce mandat de sauvegarde et de promotion de la richesse linguistique de la Suisse et de renforcement de la cohésion sociale. Elle précise que les élèves doivent, à la fin de la scolarité obligatoire, disposer de compétences dans une deuxième langue nationale au moins, ainsi que dans une autre langue étrangère, et exige que cet enseignement intègre des aspects culturels. Elle vise donc non seulement des objectifs linguistiques, mais surtout des objectifs politiques de cohésion sociale et nationale grâce au développement de compétences culturelles et à des échanges entre les communautés linguistiques.
Par ailleurs, le message culture 2016-2020 du Conseil fédéral fait de la promotion des langues nationales un élément central de la cohésion sociale. Il a notamment été décidé de mettre l'accent sur la promotion des échanges scolaires et des échanges culturels, qui constituent la pièce maîtresse de l'apprentissage. Dès lors, je demande au Conseil fédéral de prévoir un crédit pour soutenir la mise en application des échanges linguistiques dans le cadre du système de formation suisse.
Ainsi, une aide financière allouée par la Confédération aux cantons permettrait de favoriser l'apprentissage en immersion d'une deuxième langue nationale. Cette demande destinée aux élèves jusqu'au niveau secondaire II est en phase avec l'objectif central de la stratégie "Echanges et mobilité", adoptée le 2 novembre 2017 par la Confédération et les cantons. Il est mentionné que chaque élève a la possibilité d'effectuer au moins une fois au cours de sa scolarité un séjour de longue durée dans une autre région linguistique. D'ailleurs, le Conseil fédéral a déjà donné des éléments de mise en oeuvre dans son rapport sur les échanges scolaires du 14 décembre 2018, qui servira de base pour les message culture 2021-2024.
Le financement de ces mesures sera un des éléments essentiels à la réalisation des objectifs, afin de poursuivre les efforts visant le développement des échanges de classe et individuels à l'école obligatoire; le soutien durable à des partenariats scolaires; les mesures de soutien des acteurs de la formation professionnelle, des entreprises et des associations professionnelles, et le soutien à l'innovation et à l'exploitation de nouveaux moyens, par exemple numériques.
La mise à disposition d'une enveloppe est essentielle pour ne pas freiner l'élan des acteurs et en encourager d'autres à se lancer. Ces fonds doivent être pérennes pour permettre de soutenir des projets sur le long terme et inscrire durablement les échanges dans les structures de formation. Ce n'est évidemment pas la seule condition, mais c'est une des conditions essentielles pour motiver les acteurs à investir dans la mobilité des classes ou des enseignants et, in fine, pour obtenir au niveau suisse des résultats tangibles que la Confédération pourra présenter.
La Suisse est un monde multiculturel miniature qui dispose sur place, en son sein, de plusieurs éléments clés et d'atouts bénéfiques pour organiser ces échanges. La mobilité et la collaboration nationales doivent être valorisées. Les échanges et la mobilité doivent être progressivement intégrés dans les plans de formation et les plans d'études, et ne plus être considérés comme annexes. Ils contribuent à développer des compétences sociales et interculturelles pour les élèves, à motiver l'apprentissage des langues, à ouvrir l'horizon des enseignants et à obliger les directions d'école à sortir de leur périmètre local. Pour ce faire, il s'agit de donner aux acteurs l'envie et les moyens de les implanter dans leurs institutions.
Pour toutes ces raisons, je vous remercie de soutenir ma motion.