de la Reussille Denis · Nationalrat · 2019-06-19
de la Reussille Denis · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2019-06-19
Wortprotokoll
Le message concernant l'approbation de l'accord de libre-échange entre les Etats de l'AELE et l'Equateur a retenu toute l'attention du groupe des Verts. L'accord proposé permettrait de supprimer [PAGE 1214] intégralement ou en partie les droits de douane concernant la majeure partie des échanges bilatéraux entre la Suisse et l'Equateur et encouragerait le commerce par la simplification des procédures douanières.
A la lecture du message du Conseil fédéral, le groupe des Verts s'est principalement interrogé sur quatre points du projet: les conséquences économiques, évidemment; les conséquences sur le développement durable; les conséquences sociales et les conséquences environnementales. Le développement durable, qui comprend la croissance économique, le développement social et la protection de l'environnement, est évidemment essentiel à nos yeux et nous y accordons bien entendu une importance toute particulière.
Dans le domaine du développement durable, notre pays plaide en faveur d'une politique plutôt basée sur le dialogue et la coopération. Nous partageons en partie cette manière de faire. Mais nous pensons aussi que notre pays pourrait être plus exigeant, notamment en instaurant un mécanisme institutionnel de surveillance, de consultation et de comptes rendus portant sur la mise en oeuvre des dispositions relatives au développement durable applicables au commerce.
Selon le message, l'Equateur, autrefois aussi appelé par certains "la Suisse d'Amérique du Sud", exporte principalement des produits agricoles. Par exemple, c'est le premier exportateur mondial de bananes, mais c'est aussi un exportateur extrêmement important, depuis quelques années, de fleurs coupées, de crevettes et aussi, historiquement, de pétrole.
Permettez-moi, même si ce n'est pas le sujet de l'objet que nous traitons aujourd'hui, d'évoquer à nouveau la question de l'extraction et de l'exportation du pétrole. Cela me permet de vous rappeler que les grandes compagnies pétrolières se sont très souvent comportées de manière scandaleuse, ce qui a eu notamment des conséquences environnementales irréversibles, et ont également provoqué une mise en danger des communautés indigènes. C'est évidemment quelque chose qu'elles ne devraient plus jamais faire.
Pour le groupe des Verts, le développement sans fin des échanges commerciaux interroge. Prenons l'exemple des fleurs coupées, des exportations extrêmement importantes pour l'Equateur. Ces fleurs sont cultivées en Equateur et exportées depuis l'Equateur en Europe par avion-cargo. Notre planète, d'après notre analyse, ne pourra pas éternellement accepter ni supporter ce mode de fonctionnement, ce mode de production. De l'avis de notre groupe, nous devons évidemment prendre encore plus en compte les conséquences environnementales de l'activité humaine, en changeant fondamentalement notre mode de production.
Avec ces remarques et en conclusion, le groupe des Verts remercie le Conseil fédéral pour le contenu de son message. Il ne s'opposera pas à l'approbation de l'accord, mais soutiendra la proposition de la minorité Nussbaumer.