Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2019-06-20
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-06-20
Wortprotokoll
Ces deux initiatives portent sur des questions importantes qui préoccupent la population, notamment la question des produits antiparasitaires et de leurs résidus dans les produits alimentaires. Mais nous devons la rassurer, notre population. Le monde agricole n'a pas attendu le dépôt de ces deux initiatives pour réagir. Depuis plus de trente ans, il lutte pour réduire les risques liés à la protection des cultures et aux soins des animaux. Il a fait de gros efforts pour protéger l'environnement et pour diminuer l'utilisation des produits antiparasitaires ainsi que des antibiotiques.
Actuellement, la mise en oeuvre efficace du plan d'action Produits phytosanitaires et de la Stratégie Antibiorésistance Suisse ne nécessite pas de modifications légales supplémentaires. Pour preuve, l'Office fédéral de l'agriculture vient d'interdire une douzaine de produits antiparasitaires jugés dangereux pour la santé humaine et pour les abeilles. Un contre-projet déboucherait sur des discussions politiques additionnelles et émotionnelles qui ne feraient que retarder encore l'application des dispositifs légaux en vigueur, en mobilisant inutilement des ressources au niveau de la Confédération et des cantons, qui ont déjà pris passablement de retard dans la mise en oeuvre des lois en vigueur - la loi fédérale sur la protection des eaux en particulier ainsi que les dispositions visant les micropolluants, lesquels ne proviennent pas, en grande partie, de l'agriculture.
L'initiative "pour une eau potable propre et une alimentation saine" demande non seulement de restreindre la recherche agricole en la focalisant uniquement sur l'interdiction des pesticides et des antibiotiques, mais aussi que l'unique source de nourriture pour nos animaux soit du fourrage provenant de l'exploitation et non importé.
Par ailleurs, un contre-projet indirect ne pourrait qu'interférer négativement avec les travaux sur le projet de Politique agricole 2022 plus. C'est dans ce cadre-là que des dispositions doivent être prises pour limiter l'usage de produits antiparasitaires, le projet Politique agricole 2022 plus faisant ainsi office de contre-projet indirect aux initiatives.
Notre agriculture familiale, diversifiée, multifonctionnelle et respectueuse de l'environnement est la meilleure base possible pour notre souveraineté alimentaire. Lui imposer encore plus de contraintes aura un impact négatif sur notre capacité d'auto-approvisionnement. Reconnaissons aussi les efforts faits ces 25 dernières années par l'agriculture suisse pour limiter les engrais, les antibiotiques ainsi que les produits antiparasitaires.
En demander encore plus exige un certain délai pour la recherche végétale, mais n'oublions jamais que tout ce qui n'est pas produit par les paysans suisses, nous devons l'acheter à l'étranger, et cela toujours sans véritable contrôle sanitaire, ce qui, selon les pays de provenance, provoque une pénurie alimentaire pour les populations locales.
Si nous acceptons ces deux initiatives, cela va pénaliser fortement la production de l'agriculture suisse, avec les conséquences que je viens de relever.
Laissons donc à l'agriculture le soin de limiter l'utilisation des produits antiparasitaires en recommandant au peuple et aux cantons de rejeter ces deux initiatives et en rejetant la proposition d'élaboration d'un contre-projet, et considérons comme contre-projet indirect la mise en oeuvre de la Politique agricole 2022 plus.