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Nidegger Yves · Nationalrat · 2019-09-11

Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-09-11

Wortprotokoll

Je révèle tout d'abord mes liens d'intérêts: je suis père de cinq enfants nés entre 1986 et 1996 à raison, en moyenne, d'un tous les deux ans et demi, c'est-à-dire une bonne décennie à ne pas dormir beaucoup, ce à quoi un congé-paternité de 2 semaines n'aurait strictement rien changé.

J'ai un problème fondamental avec le point de vue de la majorité de la commission, parce que de deux choses l'une:

- Soit on croit sérieusement que 2 semaines de congé payé à l'occasion d'une naissance ou dans l'année qui suit est suffisant et adéquat. A ce moment-là, on arrive assez rapidement à la conclusion que mettre sur pied une usine à gaz institutionnelle sous la forme d'un nouveau régime d'assurance obligatoire, avec le prélèvement des cotisations et le traitement des cas, est parfaitement inutile, dès lors que le privé peut s'en charger. Certaines entreprises offrent spontanément un congé-paternité. Dans les entreprises où on ne le fait pas spontanément, un certain nombre de pères sont parfaitement capables de prendre sur leur quota annuel de vacances les 2 semaines qu'ils consacrent à leur progéniture en cas de naissance. On peut parfaitement régler cela sans l'aide de l'Etat. Il ne s'agit finalement que d'une excuse pour instaurer un régime d'assurance de plus et une intervention de l'Etat de plus.

- Soit on considère qu'instituer 2 semaines de congé payé en cas de paternité est insuffisant et inadéquat, et alors c'est parfaitement hypocrite. On aménage une entrée dans le système d'assurance sociale selon le principe du salami. On sait d'avance que ce que l'on octroie sous une forme réduite est appelé à être étendu. On entre alors dans l'hypocrisie absolue avec un contre-projet qui n'est pas un contre-projet, mais un contre-projet hypocrite. Et hypocrite, même en période électorale, je n'ai pas du tout envie de l'être.

J'ai également un problème du même ordre avec la logique qui sous-tend le projet. Au fond, ce sont les mêmes milieux, et c'est quand même assez suspect, qui, d'un côté, font la promotion des crèches dès le premier jour de vie, avec un nombre suffisant de places, une étatisation si possible au niveau fédéral, donc une diminution du rôle parental et une augmentation de celui de l'Etat dans la prise en charge des enfants, qui soudain s'apitoient sur le sort des parents et se sentent inspirés par leur rôle. Je n'y crois pas une seconde. De l'autre côté, ce sont aussi ces mêmes milieux qui, sous couvert de lutter contre les scories d'un ordre patriarcal passé, s'en prennent au père, à l'idée même du père, ridiculisent ou caricaturent la masculinité, la prétendent foncièrement violente, dangereuse, à l'origine de toutes les atrocités qui peuvent se passer dans une famille. Ce sont ceux-là même qui viennent aujourd'hui prétendre vouloir le bonheur des pères et des familles.

Il s'agit au fond de faire entrer par la petite porte cette initiative populaire pour plus de vacances qui avait échoué devant le peuple.

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