Buffat Michaël · Nationalrat · 2019-09-16
Buffat Michaël · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-09-16
Wortprotokoll
L'initiative "pour une immigration modérée" va nous permettre de mener enfin un débat sur l'expérience, à mon sens ratée, de la libre circulation des personnes. Nous n'avons pas respecté la volonté exprimée par la population lors de l'acceptation de l'initiative "contre l'immigration de masse". Nous voilà donc à nouveau à débattre d'une initiative ayant récolté les signatures nécessaires dans un temps record, ce qui prouve bien à quel point la population est préoccupée par l'immigration massive que nous subissons depuis l'introduction de la libre circulation des personnes.
L'immigration est positive lorsqu'elle correspond aux besoins de l'économie. Or, nous devons admettre que la majorité des migrants qui entrent en Suisse, actuellement, ne répondent pas aux besoins de l'économie. Quatre personnes sur cinq venant en Suisse au moyen de l'Accord sur la libre circulation des personnes occupent des emplois dans des branches où le taux de chômage est déjà supérieur à la moyenne. Grâce à cette initiative, nous pourrons à nouveau gérer nous-mêmes notre immigration et décider nous-mêmes qui vient dans notre pays, en fonction des besoins de notre économie.
L'immigration massive que nous vivons actuellement va pousser rapidement notre pays à atteindre les 10 millions d'habitants. L'immigration que nous avons connue ces dernières années a eu des conséquences extrêmement négatives sur la qualité de vie de notre population. Nos infrastructures ont atteint la limite de leur capacité. Il est prévu une augmentation de 26 pour cent du trafic d'ici 2040, ce qui signifie encore des milliers d'heures d'attente dans les bouchons, ou alors des transports publics bondés. Mais pas seulement. Les conséquences se font aussi ressentir sur le marché du logement, sur la sécurité ou même sur l'environnement. C'est chaque année une nouvelle ville de la taille de Bienne que nous devons créer en Suisse.
Mais la pire des conséquences pour notre population reste la situation compliquée sur le marché de l'emploi, y compris pour les salariés étrangers déjà établis chez nous, qui sont souvent évincés en premier du marché du travail par les nouveaux immigrants, souvent moins chers et mieux formés. Ces personnes ne rentrent alors pas dans leur pays d'origine, mais restent chez nous et se retrouvent à la charge de l'assurance-chômage et, ensuite, à la charge de nos institutions sociales. C'est ainsi, alors que la proportion d'étrangers est d'environ 25 pour cent dans notre pays, que cette population est généralement représentée à plus de 50 pour cent dans les chiffres du chômage ou des services sociaux.
Il est évident que nous faisons aujourd'hui face à une bombe à retardement pour notre pays, et que nous devons agir rapidement. Il est évident que pour un petit pays prospère comme le nôtre, un accord de libre-circulation n'apporte que des inconvénients, et qu'il est urgent de le dénoncer. Un pays souverain doit pouvoir garder le contrôle de ses frontières. C'est à nous de décider qui vient et qui ne vient pas chez nous, et surtout dans quelle quantité. Nous avons besoin d'une immigration modérée qui corresponde aux besoins de notre économie, et non d'une immigration massive qui péjore notre qualité de vie.
Je vous invite à accepter cette initiative.