Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2019-09-16
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-09-16
Wortprotokoll
Nous sommes en pleine campagne électorale. Les préoccupations environnementales y occupent une place importante. Eh bien, c'est justement d'environnement, d'écologie que j'aimerais parler, plus précisément d'écologie humaine ou d'impact de la surpopulation sur notre environnement. Vous pensez peut-être que je m'égare? En fait, pas du tout! Car, avec la surpopulation, nous sommes au coeur de notre sujet: l'immigration. Ce n'est en effet un secret pour personne ici, d'une part, que la population de notre pays ne cesse d'augmenter chaque année - peut-être que l'augmentation se tasse un peu, mais la population ne cesse d'augmenter - et, d'autre part, que la cause de cette augmentation, ce n'est pas que nous faisons trop d'enfants. Non, la cause, il n'y en a qu'une, c'est l'immigration!
La conséquence? Nous sommes en train de nous entasser toujours plus dans un pays déjà petit, dont les espaces constructibles ne sont pas extensibles à l'infini. Les trains sont toujours plus bondés, nos routes et nos autoroutes toujours plus chargées. Malgré une forme de répit récemment intervenu, la pression est forte sur les prix des logements, dont le coût et, du même coup, les loyers ont presque constamment augmenté ces dernières années, au point de devenir presque insupportables pour la classe moyenne, et à plus forte raison pour les ménages à revenu modeste.
Pour certains, en particulier pour divers cercles de pensée mondialistes, une Suisse à 10 millions d'habitants, c'est un fantasme. Mais comme nous le croyons, pour nous comme pour beaucoup de Suisses, c'est un cauchemar, que nous avons pour tâche d'éviter à notre pays et à nos compatriotes. Leur éviter un tel cauchemar, sous cet angle, c'est exactement l'objectif - ou l'un des objectifs - de cette initiative qui, d'une manière conséquente, propose de limiter vraiment l'immigration.
Par là, elle va à la racine de vrais problèmes environnementaux. Elle nous interroge sur les facteurs qui, si nous ne faisons rien, nous emmèneront à coup sûr vers une situation dont personne ne veut: une consommation excessive du territoire et des ressources naturelles de notre pays, ressources limitées, je le répète.
Cause unique de la surpopulation, l'immigration joue un rôle direct, décisif, dans le bétonnage que certains dénoncent, en particulier ceux qui se trouvent devant moi et à gauche de l'hémicycle.
Dans le même sens, les étrangers qui viennent chez nous, d'où qu'ils viennent d'ailleurs, sont entraînés, comme nous, dans cette espèce de spirale de la société de consommation. Ils deviennent autant de consommateurs supplémentaires de ressources pourtant limitées: ils ont besoin de se chauffer; ils utilisent des appareils électriques; ils utilisent des moyens de transport, que sais-je encore. Or la technologie actuelle ne permet pas de construire des infrastructures systématiquement neutres ni en occupation du sol ni en carbone. La surpopulation découlant de l'immigration incontrôlée nuit donc à l'environnement.
L'angle de vue que je propose, c'est un appel à toutes celles et à tous ceux qui, ici ou en dehors de notre Parlement, tiennent des discours sur l'environnement et sur le climat mais rechignent à réfléchir de manière décomplexée aux causes sur lesquelles nous pouvons vraiment avoir prise.
La consommation de territoires et de ressources limitées par une immigration supplémentaire a un impact irréversible sur notre qualité de vie et sur le réchauffement climatique. La question que nous devons nous poser, c'est de savoir quel pays nous voulons laisser à nos enfants.
Cette initiative nous donne les moyens de maîtriser vraiment notre immigration. Nous avons l'occasion non seulement de faire des discours, mais de faire un pas concret vers une gestion raisonnable de nos ressources, dans le sens d'un développement réellement durable.
Cette initiative "pour une immigration modérée" donne une voix à toutes celles et à tous ceux qui, dans ce pays, ne veulent pas d'une Suisse à 10 millions d'habitants.