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Nidegger Yves · Nationalrat · 2019-09-16

Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-09-16

Wortprotokoll

La définition de l'Etat en droit international, c'est une souveraineté effective sur un territoire et une population, c'est-à-dire sur une frontière. Il est très logique pour des Etats qui souhaitent devenir les cantons de l'Union européenne que de renoncer à leur souveraineté effective sur leurs frontières. C'est ce que les cantons suisses ont fait en 1848 lorsqu'ils ont créé l'Etat fédéral. Il est évidemment absolument absurde, pour un Etat comme la Suisse, qui déclare souhaiter rester un Etat, souhaiter rester souverain et, donc, contrôler ses frontières et sa population, d'adhérer à la libre circulation des personnes. C'était une erreur politique majeure dont les conséquences sont par ailleurs douloureuses.

Alors, certains adorent la libre circulation et l'immigration, certains en ont peur - peu importe au fond. Si l'on se penche sur la population du pays, il y a des chiffres. C'est absolument sans précédent qu'en dix années seulement de notre histoire confédérale, on passe de 7,5 millions à 8,5 millions d'habitants, sous l'empire évidemment de la libre circulation des personnes. Il s'agit d'une augmentation de 13 pour cent de la population. Si rien n'est fait pour l'endiguer, va suivre une autre augmentation de 13 pour cent de la population, et [PAGE 1587] on sera à 10 millions avant la fin de la prochaine décennie, le phénomène étant en accélération du fait du regroupement familial et des mariages.

Alors, il y a les infrastructures dont tout le monde voit qu'elles ne peuvent pas tenir le choc par rapport à une augmentation si rapide de la population: les trains sont bondés, les routes engorgées, les logements difficiles à trouver - les barres d'immeubles poussent partout, surtout dans mon canton. Si on veut, à un moment donné, ne serait-ce que planifier les infrastructures nécessaires à l'augmentation massive de la population, il faut se donner le temps de souffler. Aujourd'hui, c'est virtuellement impossible; demain, avec une limitation de l'immigration, nous nous donnerons le temps de souffler et le temps de planifier. Que ceux qui aiment encore plus de population construisent pour celle-ci, mais dans la proportion, et pas dans le chaos qui est notre situation aujourd'hui, où nous courons derrière les infrastructures dépassées dans une souffrance de plus en plus dure, également pour nos travailleurs.

Voilà, en termes tout à fait rationnels tout comme en termes juridiques, pourquoi il faut évidemment soutenir et accueillir avec reconnaissance l'existence d'un texte sur lequel nous pouvons nous déterminer, parce qu'il est actuel, juste et pertinent.