Cassis Ignazio · Bundesrat · 2019-09-18
Cassis Ignazio · Bundesrat · Tessin · 2019-09-18
Wortprotokoll
Non, le Conseil fédéral ne s'oppose pas à vos intentions, ni à vos appels; il s'oppose tout simplement au postulat, parce que celui-ci charge le Conseil fédéral de préparer un rapport sur quelque chose qu'il fait de toute manière. Un acte parlementaire qui charge le Conseil fédéral de faire ce que, de toute manière, il fait déjà avec beaucoup de persuasion, de conviction et de force est donc un acte inutile. Le Conseil fédéral, selon ses directives au sujet des interventions parlementaires en général - sauf à quelques rares exceptions -, dit non si ce qui est demandé se fait déjà. Et c'est exactement la situation avec le présent postulat.
Vous avez absolument raison: la crise humanitaire au Yémen est atroce, mais vous avez tort quand vous dites que la Suisse est indifférente. Ce n'est pas vrai. La Suisse soutient le travail, de manière convaincante et convaincue, de Martin Griffiths, envoyé spécial du secrétaire général pour le Yémen à Genève. Cela se fait à Genève avec les bons offices de la Suisse. L'aide humanitaire suisse engagera 41 millions de francs de nos citoyens au Yémen pour 2017-2020. En plus, pour la troisième année consécutive, la Suisse a organisé en 2019, cette année, avec la Suède et les Nations Unies, une conférence de levée de fonds de haut niveau, et cette conférence a permis d'obtenir des promesses de dons à hauteur de 2,6 milliards de dollars.
Alors, si vous taxez cela d'indifférence, j'estime pour ma part que c'est un peu exagéré. Nous oeuvrons énormément dans ce domaine. Avec cet argent, nous pouvons aider des gens qui souffrent énormément. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure, avec cet argent, de faire cesser la guerre. Malheureusement, ce pouvoir nous ne l'avons pas. Ce sont uniquement les Nations Unies qui ont ce pouvoir. Nous, tout ce que nous pouvons faire, c'est soutenir avec toute notre capacité organisationnelle, opérationnelle, financière les Nations Unies pour qu'elles arrivent à faire conclure un accord de paix. Bien entendu que si les Nations Unies nous demandent de conduire une médiation, d'offrir nos bons offices, nous le ferons. Nous n'avons pas besoin d'avertir la presse suisse et d'annoncer que nous sommes prêts à le faire, nous sommes tout le temps prêts à le faire. Donc, dans notre ADN, il y a cette manière de faire. Rappelons par exemple que notre pays a hébergé deux pourparlers de paix à Genève et à Macolin en 2015.
De plus, si le Conseil fédéral disait que, compte tenu du fait que nous faisons déjà tout cela, nous proposons d'accepter [PAGE 1674] le postulat, nous risquerions de donner aux Nations Unies le signal que nous interférons dans ce qui est fait et dans la relation que la Suisse a avec les Nations Unies.
Par conséquent, en nous appuyant sur ces réflexions, nous avons décidé, en séance du Conseil fédéral, de proposer de rejeter ce postulat, mais ce n'est pas là un rejet des intentions qui sont à l'origine de son dépôt.