Savary Géraldine · Ständerat · 2019-09-24
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-24
Wortprotokoll
Je pense que c'est sans doute la troisième fois que je dépose une proposition de minorité pour m'opposer à l'achat de mortiers. Donc, je ne sais pas si cela signifie que l'armée est très tenace, ou si c'est parce que je garde espoir même dans des situations désespérées - puisque je sais bien que je vais perdre -, ou alors c'est parce que ma carrière commence vraiment à être très longue. Mais cette discussion, on l'a déjà eue assez souvent dans le cadre des programmes d'armement.
Le président de notre commission l'a déjà dit, mais je vais le dire en français aussi, peut-être pour celles et ceux qui nous écoutent ou qui suivent ce débat: les mortiers servent à accompagner les troupes terrestres en cas de conflit sur sol suisse pour des combats de haute intensité. Dans un combat de haute intensité, les armes indirectes comme le mortier permettent aux troupes en contact avec l'adversaire de ne pas rester à couvert en permanence - ce sont donc les explications données dans le message du Conseil fédéral. Toujours selon le message du Conseil fédéral, les 300 mortiers dont nous parlons sont particulièrement adaptés à l'engagement en terrain bâti. Le nouveau mortier dont l'acquisition est proposée a la même fonction que son prédécesseur, mais il a une meilleure capacité de feu, un rayon d'action plus grand et apporte une sécurité accrue pour les utilisateurs.
Quand je prononce ces mots, vous me permettrez de considérer qu'il ne s'agit pas d'une situation prévisible à court et même à moyen terme. Nous retrouver dans une situation de combat en milieu urbain nécessitant d'utiliser des mortiers en soutien est relativement peu probable. C'est pour cette raison que j'ai déposé une proposition de minorité. Je considère que cet achat n'est pas prioritaire compte tenu des besoins de sécurité actuels de notre pays.
J'aimerais ajouter un second argument que j'ai déjà exposé en commission. On sait qu'aujourd'hui l'utilisation de ce type d'arme est particulièrement discutée dans les grandes organisations internationales comme le Comité international de la Croix-Rouge ou l'Organisation des Nations Unies. On sait que dans des zones de conflits actuels comme en Syrie, à Homs ou à Alep, l'utilisation d'explosifs de ce type a un impact grave sur les populations civiles et viole parfois les Conventions de Genève. Les pays qui nous entourent, ainsi que d'autres Etats au niveau européen et international, se posent des questions sur la nécessite de réduire, voire de supprimer, l'utilisation de ce type de matériel dans des conflits civils en [PAGE 877] territoire urbain. On peut imaginer qu'il y a une petite contradiction entre les discussions dont je viens de parler et l'achat dont nous discutons dans notre conseil.
Je vous invite donc à renoncer à l'achat de ces mortiers. Au final, je soutiendrai le programme d'armement, mais je considère que l'achat de ces mortiers, aujourd'hui, comme d'ailleurs les fois précédentes, n'est pas indispensable.