Bendahan Samuel · Nationalrat · 2019-12-05
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-12-05
Wortprotokoll
Je ne ferai pas très long, parce que j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ces deux minorités.
J'aimerais toutefois rappeler l'importance de l'égalité entre femmes et hommes. La dernière fois que je suis venu en parler, j'ai évoqué en particulier le soutien à des actions concrètes. Ici, avec ma proposition de minorité, il s'agit de renforcer ce bureau par une augmentation du budget de 1 million de francs à la position 303.A200.0001 "Charges de fonctionnement", avec comme but de contrer une absurdité. L'absurdité, c'est que ce Parlement a soutenu une loi qui permet d'augmenter les chances d'égalité entre femmes et hommes au niveau salarial, et cela n'a été suivi d'absolument aucune augmentation des ressources et des moyens à disposition du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes. Or, un aspect important de la loi est le fait que les entreprises peuvent utiliser les ressources qui sont mises à disposition, comme le logiciel Logib qui permet de tester les salaires. Donc, d'un côté la loi incite à utiliser ce logiciel et de l'autre il n'y a pas de moyens supplémentaires pour le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes pour répondre à la demande du secteur privé qui souhaiterait évaluer ces salaires. C'est absurde! Si on veut torpiller la loi qu'on vient de voter, rien de mieux que de ne pas donner les moyens de la faire respecter. Je vous invite donc à renforcer d'au moins 1 million de francs le budget du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes, afin que nous ayons les moyens de remplir les missions qui sont données par cette loi. Il faut pouvoir faire face à la demande des entreprises, grandes et petites, qui souhaitent faire des efforts pour que cette loi soit respectée, et surtout pour que notre Constitution, qui demande une égalité de traitement entre les femmes et les hommes, soit respectée alors qu'elle ne l'est pas depuis des dizaines d'années.
Mon autre proposition de minorité vise à ce que nous transformions une chose dans le budget liée à la sécurité du pays. Je vous invite à regarder les nouvelles internationales, les débats qui ont lieu par exemple dans de nombreux pays sur les risques et les dangers pour nos démocraties aujourd'hui. L'un des dangers, c'est l'attaque par des puissances étrangères, par des groupes terroristes ou par des groupes criminels de nos systèmes informatiques. Ces dangers-là sont bien plus conséquents aujourd'hui que le risque de nous faire bombarder, disons par l'Italie ou la France.
Pourtant, l'essentiel des moyens dévolus aujourd'hui au domaine de la défense l'est pour répondre à des menaces conventionnelles, qui ne correspondent plus du tout aux réalités que nous devons combattre actuellement. Aujourd'hui, les menaces pour la sécurité de notre pays concernent le domaine "cyber" et proviennent de groupes diversifiés, qui ont les moyens de s'attaquer à nos infrastructures. C'est assez hallucinant de voir que, dans le cadre du même budget, nous proposons des moyens disproportionnés pour nous attaquer à une armée terrestre, alors que nous ne donnons pas les moyens à notre pays d'avoir des forces et des ressources humaines qui nous permettent de nous protéger des attaques contre notre démocratie ou contre notre économie.
Par cette proposition de minorité, vous êtes invités à transférer l'affectation de 500 millions de francs de la défense conventionnelle vers les différents moyens à disposition de la Confédération dans le domaine du "cyber". Quels éléments cela peut-il concerner dans le domaine de la défense conventionnelle? Eh bien, nous achèterions un peu moins de tanks, un peu moins de munitions, et un peu moins d'obusiers et de bombes, qui ne sont pas extrêmement utiles - en effet, personne ne va s'attaquer à des hackeurs, qui se trouvent on ne sait où dans le monde, avec des bombes à fragmentation. Cela nous permettrait d'octroyer ces moyens aux différents services qui s'occupent aujourd'hui, au niveau de la Confédération, de la cybersécurité, en particulier dans le domaine civil, mais aussi dans le domaine militaire. Il s'agit, d'un côté, de toutes les centrales qui s'occupent de la cybersécurité civile pour protéger nos infrastructures civiles des attaques - ce qui renforcerait aussi notre place financière et notre place économique, ainsi que notre compétitivité en ce qui concerne des entreprises envisageant de s'installer en Suisse, particulièrement dans le domaine de la sécurité ou de l'informatique. Et, d'un autre côté, il s'agit du domaine militaire, destiné non seulement à nous protéger contre les cyberattaques, mais aussi sur le plan du renseignement, qui peut être fondamental dans l'objectif de prévenir les attaques terroristes ou d'organisations criminelles, et de coopérer avec l'étranger dans ces buts. Evidemment, toute augmentation du budget pour le Service de renseignement de la Confédération devrait s'accompagner de l'augmentation du budget pour l'Autorité de surveillance indépendante des activités de renseignement, puisqu'aucun service de renseignement ne peut être crédible s'il n'est pas surveillé de façon crédible.
Je vous invite donc à enlever 500 millions de francs par année, dans la planification budgétaire, dans le domaine de la défense conventionnelle, et à utiliser cet argent pour les véritables menaces - qui, elles, existent - auxquelles doit faire face notre pays.