Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2020-03-09
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-03-09
Wortprotokoll
Il y a une belle tradition, ici au Palais fédéral: c'est le sapin de Noël, un sapin que je trouve pourtant un peu dépouillé. Voilà qui explique ma démarche.
Je ne voulais pas mobiliser d'emblée le conseil pour cela. Voilà pourquoi je me suis adressé d'abord à la Délégation administrative. Celle-ci m'a répondu "non", en me parlant de préférence religieuse, d'atteinte à la neutralité confessionnelle et de risques que l'on compromette la liberté de croyance et de conscience des citoyens.
J'ai toutefois noté qu'à la fin de sa réponse la Délégation administrative estimait quand même, par ailleurs, qu'il existait [PAGE 234] actuellement dans le Palais fédéral suffisamment de symboles qui rappellent les origines de notre pays. Je me suis donc bien fait comprendre. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: rappeler les origines de notre pays. J'en déduis que le fait de rappeler nos origines ne porte pas atteinte, en soi, à la neutralité religieuse, pas plus qu'à la liberté de conscience et de croyance. Donc, des symboles, oui, mais pas trop: c'est un peu l'esprit de la réponse qui a été donnée. Un simple rappel de nos origines serait-il de trop?
Le sapin de Noël - sapin, de Noël -, vous le savez, se trouve sous le regard des trois premiers Confédérés, ces hommes qui ont voulu, explicitement, placer le pacte qui les a unis et qui nous unit toujours sous la protection, sous le regard de Dieu. C'est de l'histoire, mais c'est notre histoire.
La crèche de Noël, c'est aussi une tradition populaire. Elle est vue parfois comme un symbole de solidarité familiale, mais aussi comme un symbole d'amour et de paix. Qui donc, ici, voudrait s'opposer à l'expression d'un symbole d'amour et de paix?
La neutralité religieuse, maintenant: là, il ne faudrait quand même pas exagérer, car la neutralité religieuse ou confessionnelle n'interdit quand même pas toute référence quelconque à des origines, quelles qu'elles soient, en l'occurrence chrétiennes. Elle n'implique pas une indifférence complète de l'Etat à l'égard de ses origines. Elle lui impose uniquement de s'abstenir, dans des actes publics, de toute considération religieuse ou confessionnelle qui pourrait compromettre la liberté des citoyens dans une société pluraliste. Or, on ne voit pas en quoi cette liberté, avec une crèche de Noël, pourrait subir une atteinte quelconque. Installer une crèche sous le sapin qui, sans doute, sera de nouveau mis en place pendant la session d'hiver, n'obligera aucun citoyen, aucun collègue, aucun utilisateur de ce bâtiment à adhérer à une religion particulière. Quand je dis cela, ce n'est pas juste une opinion personnelle; c'est aussi la position du Tribunal fédéral.
J'ajoute que des références chrétiennes, il y en a de toutes sortes ici, presque partout, de la croix sur notre drapeau à celle qui surmonte la coupole du Palais fédéral, en passant par le papier à en-tête que nous utilisons ou par les pin's que portent certains d'entre nous, sans, apparemment, que cela dérange personne.
Voilà pourquoi je vous propose de donner suite à cette initiative qui se veut d'abord un événement fédéraliste: je propose en effet que la crèche de Noël soit réalisée à tour de rôle par les cantons. Ce sera aussi un événement social, puisque je propose que cette crèche soit réalisée par des institutions actives dans l'accueil de personnes en situation de handicap ou encore de jeunes en difficulté. Alors merci pour eux et pour nous!