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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2020-05-05

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-05-05

Wortprotokoll

J'aimerais tout d'abord dire un mot de remerciement. Monsieur Addor, comme rapporteur, a exprimé des remerciements aux militaires, au nom de la majorité de la commission. J'aimerais dire clairement que c'est toute la commission qui tient à remercier les militaires. Mais on peut aussi remercier toutes les autres personnes: les anonymes, les soignants, le personnel de la vente, le personnel d'entretien, le personnel de la Poste, les entreprises de transport, qui ont tous fait un travail magnifique, qui ont permis à notre pays de tenir face à tous ces drames.

Pour mémoire, notre armée a trois missions constitutionnelles: la défense; la promotion militaire de la paix - parce que toute la paix qu'on produit dans le monde, c'est autant, secondairement, de paix que nous aurons en plus chez nous; l'appui aux autorités civiles, sur leur demande, pour un soutien à la population. Mais cet appui doit être réalisé en respectant un principe essentiel, celui de la subsidiarité.

Tout d'abord, en première ligne, ce sont les moyens civils qui sont engagés pour la réalisation d'une mission. En l'occurrence, ce sont le personnel civil soignant, les institutions de soins, les hôpitaux, les EMS, etc. Ensuite, les civilistes sont à disposition, et, dans la lutte contre le Covid-19, ils ont eu un effet très positif, leur engagement était important. Ils étaient des milliers sur le terrain, avec une expérience antérieure, certains d'entre eux travaillant dans un hôpital, d'autres dans un EMS, depuis un certain nombre de mois. Ils ont ainsi pu fournir véritablement une aide importante. Si les moyens civils sont débordés, dans ce cas, on fait appel à l'armée.

Dans le cas présent, dans certains cantons, le personnel hospitalier a été renforcé par des militaires, et dans le même temps des soignants ont été mis en congé au bénéfice du chômage partiel. C'est vrai que la pandémie a eu des effets très différents selon les régions du pays. Je tiens ici à avoir une pensée pour les régions qui ont eu le plus de drames à vivre, en particulier le canton du Tessin, les cantons du bassin lémanique ou la région bâloise.

Dans d'autres régions, nous avons été moins touchés; c'est le cas dans mon canton, le Jura. Dans certains cantons, des hôpitaux ont été quasiment à l'arrêt, et ils ont aujourd'hui des craintes concernant leur comptabilité, parce qu'il y avait effectivement très peu d'activité.

La mobilisation militaire a été de mon point de vue un peu trop importante, mais mon propos n'est pas de refaire l'histoire, sachant qu'on est toujours beaucoup plus intelligent après. Et les images venues d'Italie ont naturellement fait paniquer les gens, parce qu'elles étaient terrifiantes, et, heureusement, on a pu éviter le pire. Mais je crois qu'il faut réussir à apprendre de nos expériences.

Cette proposition de minorité paraît certainement superflue à bon nombre d'entre vous. Il est vrai qu'on ne peut pas réécrire l'histoire, mais cette proposition de minorité a en tout cas l'avantage de rappeler une évidence qui a été oubliée dans certains cantons et dont il faudra tenir compte en cas de seconde vague éventuelle.

Sur le terrain devront être engagés en priorité, mais véritablement en priorité, les professionnels de santé qui sont les plus à même de répondre à une pathologie telle que celle d'une infection très contagieuse comme le Covid-19, ensuite des civilistes, dont l'action a été, encore une fois, très importante et efficace. Et il ne faudra mobiliser que les troupes réellement nécessaires. Car le Covid-19 ne représente pas n'importe quel motif d'engagement pour des militaires. Il s'agit d'une maladie infectieuse, très contagieuse, potentiellement mortelle.

M. Glarner a posé une question par rapport aux militaires, qui ont été effectivement touchés par la maladie, parce qu'ils étaient en première ligne et parce qu'ils ont été en contact avec des patients. Des gens ont été contaminés. L'armée a réagi très correctement; il n'y a aucune critique. Mais la volonté, en mobilisant uniquement le nombre de militaires vraiment nécessaire, est de ne pas faire courir de risques [PAGE 487] exagérés à des personnes qui ne sont pas, dans les faits, des professionnels de santé. Ensuite, il est important de ne pas mobiliser trop de militaires, parce qu'il est bien connu des médecins que la vie militaire est accompagnée d'une certaine promiscuité, avec des risques épidémiques. On nous apprend au cours de nos études que les épidémies de méningite à méningocoques, c'est dans les écoles de recrues que cela se passe. Donc, il faut éviter au maximum ces concentrations de jeunes hommes et de jeunes femmes, qui peuvent attraper des maladies.

Le mois passé, on a par exemple mobilisé 1000 militaires à Bure, pour une formation en vue d'une mission de sécurité aux frontières. 1000 militaires regroupés - et, il est vrai[NB]répartis progressivement dans les communes autour de Bure -, c'est de mon point de vue trop, d'autant plus qu'on les a mobilisés alors que la situation aux frontières était calme et qu'il n'y avait manifestement pas péril en la demeure.

Je vous remercie de soutenir cette minorité, comme témoignage d'un symbole d'une volonté du Parlement de montrer qu'il faut savoir raison garder.