Polla Barbara · Nationalrat · 2002-10-02
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-10-02
Wortprotokoll
Pour ce dernier article, la tentation est grande de vous faire une revue complète de la littérature scientifique adéquate, c'est-à-dire celle qui provient des vraies revues scientifiques dites à politique éditoriale, contrôlées par des experts, c'est-à-dire dans lesquelles on ne peut pas publier n'importe quoi, pour vous dire qu'une fois de plus, ici, on agite des fantômes. Mais vu l'heure, je résisterai à la tentation. Je résumerai donc la littérature existante.
Nous mangeons de l'ADN tous les jours. Notre peau, nos muqueuses, nos intestins sont remplis de millions de bactéries, dont de très nombreuses bactéries sont résistantes à certains antibiotiques, de façon naturelle ou par mutation [PAGE 1596] spontanée. Tout cet ADN dans lequel nous baignons est digéré, dégradé et non pas intégré dans notre propre ADN. Il en va de même pour toutes les plantes génétiquement modifiées que nous mangeons depuis des millénaires, puisque depuis des millénaires, les humains pratiquent le génie génétique par l'intermédiaire des greffons et des croisements. Eh bien, même quand nous mangeons des plantes ainsi modifiées génétiquement, l'ADN est digéré et ne s'intègre pas dans notre propre ADN; cela aussi, c'est la nature.
Par ailleurs, les gènes de résistance aux antibiotiques dont on parle ici concernent des antibiotiques tout à fait particuliers qui sont spécifiquement utilisés dans la recherche, dans la recherche biomédicale notamment. Ils ont été utilisés depuis des dizaines d'années désormais dans des centaines de laboratoires de par le monde. Ce sont des antibiotiques qu'on n'utilise pas en médecine humaine. Il n'y a donc pas de rapport entre ces deux types d'utilisation. Et l'utilisation de ces gènes résistants à ces antibiotiques tout à fait particuliers qui ne sont utilisés qu'en recherche ont permis des découvertes extrêmement importantes.
Les scientifiques sont en train de développer de nouvelles méthodes, alternatives à la sélection par la résistance aux antibiotiques. Laissez-leur juste le temps, avec des alternatives meilleures, de répondre à votre souci, même s'il est peu fondé. Ce Parlement vient de donner un signe de confiance à nos scientifiques et à notre industrie, confiance dans le fait qu'ils savent respecter la prudence, même sans moratoire. Ils sauront en faire preuve aussi pour la question de la résistance aux antibiotiques, mais ne stoppons pas la recherche dans des domaines qui n'ont rien à voir avec ce dont nous parlons aujourd'hui.
Je vous remercie donc de soutenir la proposition de minorité Egerszegi.