Berset Alain · Bundesrat · 2020-06-11
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-06-11
Wortprotokoll
Lorsque le Conseil fédéral a lancé le projet, il y a un peu plus d'une année maintenant, il l'a fait pour tenir un engagement: l'engagement pris, depuis des années d'ailleurs, de renforcer la main-d'oeuvre indigène et de couvrir les situations difficiles qui peuvent exister. Je vous le dis pour vous rappeler que ce projet n'est qu'une partie d'un projet plus large, comprenant sept mesures. Ce projet est l'une de ces sept mesures, les six autres étant déjà en vigueur ou appliquées, celle-ci étant la seule qui nécessite une base légale.
Le sens et l'honneur de la politique, c'est que lorsqu'un problème a été identifié dans la société, nous devons tout faire pour y apporter une réponse qui soit adéquate. Dans ce domaine, le problème est clair, il est connu, il est reconnu, il n'est d'ailleurs contesté par personne.
Le problème est le suivant: que disons-nous à celles et à ceux qui ont travaillé toute leur vie, qui ont contribué au bien-être de notre société, de notre économie et des entreprises, qui se sont engagés et qui, par un coup du sort, se retrouvent, à l'âge de 60 ans, sans travail, après avoir pendant deux ans cherché avec acharnement du travail? Que leur disons-nous? Est-ce que nous leur disons: "Merci pour ce que vous avez fait, maintenant débrouillez-vous"? Ou est-ce que nous leur disons: "Merci pour ce que vous avez fait, vous avez donné beaucoup, vous vous êtes beaucoup engagés, vous êtes dans une situation difficile, nous avons une solution qui convient aussi à votre situation"? C'est la question qui est posée aujourd'hui.
Le Conseil fédéral a suivi avec beaucoup d'intérêt vos travaux; les deux conseils se sont engagés très fort pour trouver un compromis. Cette solution, vous le savez, n'est plus exactement celle que souhaitait le Conseil fédéral, mais la réponse que vous apportez est une réponse à la question et aux problèmes posés. [PAGE 899]
Dans ce sens, j'aimerais vous inviter, au nom du Conseil fédéral, à soutenir la proposition de la Conférence de conciliation.
J'aimerais encore apporter une information sur les chiffres. Cette proposition, selon notre estimation, a un coût global qui reste évalué aujourd'hui à 150 millions de francs. Le cercle des bénéficiaires, en l'état actuel, reste fixé à environ 3400 personnes. Avec la solution de la Conférence de conciliation, seuls 3 pour cent des cas verraient leurs besoins vitaux non couverts, ce qui nous semble acceptable dans cette situation. Cela signifie que pour 97 pour cent des cas concernés, les besoins vitaux seraient ainsi couverts.
J'aimerais donc vous inviter, au nom du Conseil fédéral, à soutenir la proposition de la Conférence de conciliation.