AB 264422
Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-17
Wortprotokoll
Effectivement, c'est une proposition de minorité, mais je suis motivée à la défendre et à essayer de vous convaincre.
La semaine passée, nous avons traité la loi concernant la coopération et la mobilité internationales. On l'a dit et répété, ce sont des fondamentaux essentiels pour vivifier l'espace de formation suisse, positionner notre pays de manière attractive et crédible dans un environnement international où notre émulation et notre expertise sont régulièrement reconnues, mais où règne une très haute concurrence.
Les débats en commission ont montré la volonté politique de valoriser et de développer ce pilier important de notre politique de formation. Effectivement, lorsqu'on discute avec Movetia et avec certaines hautes écoles, on se rend compte que le projet est ambitieux, mais qu'il manque encore de progressivité par rapport à l'élan qui, aujourd'hui, est déjà marqué au niveau des mobilités.
On parle volontiers des hautes écoles, mais il est extrêmement important de rappeler, notamment, que tant ce projet-ci qu'Erasmus plus ont une vertu maximale parce qu'ils traversent toute la scolarité, de l'école obligatoire jusqu'aux hautes écoles. Ainsi, certaines écoles professionnelles peuvent bénéficier - bénéficient déjà - de ces mobilités, qui ont un énorme succès.
Je pourrais faire un plaidoyer avec quantité de propositions et d'exemples. Je vais en prendre un, pour expliquer de quoi il s'agit. Le projet de Swissmem est véritablement destiné à des polymécaniciens, des automaticiens, des électroniciens, des constructeurs de machines et des apprentis, qui peuvent faire un stage de quelques semaines, soit en Angleterre, soit en Allemagne, soit en Autriche. Cela a l'avantage de préparer au niveau linguistique, mais constitue aussi une expérience de vie et une formation professionnelle. Il est clairement indiqué qu'il s'agit d'un "nationales Engagement des Berufsverbandes zur Steigerung der Attraktivität der Berufsbildung" dans ce métier-là, pour permettre la "Ermöglichung und Unterstützung der Projektteilnahme für KMU und deren Lernende", et également, ce qui est important, "die Sensibilisierung und Förderung der frühen internationalen Vernetzung in einer exportierenden Branche". Tout cela pour Swissmem.
Il s'agit donc d'aides qui servent également aux écoles professionnelles dans les cantons. Les cantons non universitaires bénéficient également de ce soutien, ce qui est également important.
Les mobilités internationales constituent donc un socle important pour promouvoir la relève et contribuer à son développement.
Le Parlement a déjà mentionné à reprises réitérées son soutien par rapport à ces mobilités, mais ce que l'on peut encore observer aujourd'hui, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'étudiantes et d'étudiants qui se déplacent, mais également de projets de coopération. Et là, on le voit, le fait de ne plus être pleinement associé au programme Erasmus plus nous fait perdre des accès à des réseaux. Nous sommes très en retrait, par exemple, si on compare le nombre de projets développés par l'Autriche, qui a un système de formation assez proche du nôtre, qui est de 300 projets développés ces dernières années, avec le nombre de projets développés en Suisse, qui est de 50. Ces projets de coopération en institution sont justement le socle qui permet ensuite de développer[NB]les[NB]projets de recherche et l'innovation tellement appréciée.
Les différents chiffres que m'ont transmis également soit des collègues de hautes écoles, soit le directeur de Movetia, montrent que la progression et la croissance naturelles nécessitent des sommes supplémentaires. Ils montrent également un élargissement au niveau géographique: il ne s'agit pas seulement de mobilités européennes, mais également, et de manière réaliste, de mobilités hors Europe. Là aussi, la comparaison avec l'Autriche montre une possible augmentation de ces mobilités, et un souhait des étudiantes et étudiants d'une telle augmentation.
J'ai peut-être encore une question par rapport à Erasmus plus, ou par rapport au passage du Swiss-European Mobility Programme à Erasmus plus. Cela a été rappelé tout à l'heure, le Conseil fédéral nous a transmis le message relatif au financement de la participation de la Suisse aux mesures de l'Union européenne dans le domaine de la recherche et de l'innovation pendant les années 2021 à 2027. Pour moi, il y a vraiment une corrélation entre les projets de recherche et d'innovation et les projets de mobilité estudiantine. Alors, étant donné qu'au début de l'année 2021 un nouveau projet Erasmus plus devrait normalement débuter, peut-on imaginer recevoir un message qui nous permettrait déjà d'anticiper les financements, afin de pouvoir négocier comme cela est fait dans le cadre d'Horizon 2021-2027?
Vous l'aurez compris, les chiffres ne sont pas une science exacte, mais toutes les progressions estimées, calculées par bon nombre de hautes écoles et par Movetia, démontrent que l'augmentation que je vous propose d'accepter serait réaliste, raisonnable. Elle permettrait aux étudiantes et étudiants de poursuivre leur projet de mobilité et surtout, ensuite, de s'intégrer à des équipes de recherche et de contribuer à la prospérité socioéconomique de la Suisse.