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Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-09-18

Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-09-18

Wortprotokoll

J'espère que vous ne considérerez pas comme un manque de respect envers votre Chambre si je vous dis que beaucoup de réponses aux questions que vous avez posées figureront dans le message quadriennal que nous sommes en train de préparer. Le Conseil fédéral a l'intention d'adopter ce message au mois de novembre, avant votre prochaine session. De nombreux points soulevés y seront traités; notamment celui du fonds de cohésion, relevé par M. Cornu, à qui j'ai pu dire que j'étais assez fière d'avoir inventé ce fonds de cohésion et que je l'avais expressément inventé pour deux périodes quadriennales et non pour une seule. Qu'il ne se fasse donc pas trop de souci, nous ne voulons pas que par un nouveau mode de financement, les universités soient moins bien loties à l'avenir.

Il y aura aussi des réponses sur l'ensemble du domaine des écoles polytechniques puisque, pour la première fois, celles-ci seront aussi régies par un programme quadriennal et que nous avons l'intention d'expliquer quels sont les points fondamentaux du mandat de prestations que nous entendons donner aux écoles dans ce domaine. Il y aura aussi des réponses sur l'état de la collaboration interuniversitaire, j'entends par là entre les universités elles-mêmes et entre les universités et les écoles polytechniques. Aussi, si vous ne m'en voulez pas et si vous ne voulez pas insister, je crois qu'il serait mieux de reprendre vraiment la discussion sur la base du message quadriennal.

Je me concentre maintenant uniquement sur les reproches prononcés par M. Plattner pour lui dire que la diplomatie dans les interviews est certainement une grande qualité que je n'ai pas toujours. Il est nécessaire de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de dire certaines choses, mais les journalistes nous laissent rarement le temps de le faire vraiment sept fois, et parfois, des paroles glissent après une ou deux fois déjà. Je me suis expliquée quant à mon inquiétude sur ce que j'appelais l'attractivité, en me basant uniquement sur le nombre d'étudiants, et je constate avec plaisir qu'il y a de nouveau un mouvement à la hausse. Donc, diplomatie dans les interviews: oui, autant que faire se peut, autant que le caractère de la personne s'y prête; mais pas entre nous, pas au sein de la Conférence universitaire suisse.

Je crois aussi qu'il faut qu'on développe une culture d'échanges où on se dit les choses comme on les pense, de façon à pouvoir construire ensemble cet espace universitaire suisse que nous appelons tous de nos voeux et dans lequel les écoles polytechniques fédérales peuvent certainement jouer un rôle de locomotive. Si M. le secrétaire d'Etat à la science et à la recherche, président de la Conférence universitaire suisse, lance une discussion, une réflexion sur les différents réseaux qui peuvent se mettre en place dans notre Suisse, il ne fait pas autre chose que de jouer son rôle. M. Charles Kleiber a été choisi, entre autres, parce que c'est un homme d'idées, parce que c'est un homme de visions. Que ses visions ou ses idées parfois désarçonnent, je crois que cela ne doit pas nous inquiéter. Je considérerais plutôt comme inquiétant que dans notre pays il n'y ait pas de provocations, pas de visions, et que le train-train continue. Depuis quelques années, grâce aussi à M. Plattner, le sentiment qu'il nous faut lier entre elles les différentes institutions dans le plein respect des compétences de chacune d'entre elles, a fait des progrès et continuera d'en faire.

Je partage l'espoir que des collaborations puissent s'établir avec toutes les universités et les écoles polytechniques. C'est un des mandats qu'elles ont, c'est un des mandats qui figurera, comme vous le savez aussi, dans la loi sur les EPF. Je n'aimerais tout simplement pas que vous parliez ici de "mündliche Verpflichtungen", parce que nous n'en sommes pas encore là, nous sommes en train de chercher, nous aurons l'occasion de voir bientôt quelles sont les possibilités, sinon je serais obligée de faire des "mündliche Verpflichtungen" pour M. Cornu et des "mündliche Verpflichtungen" pour d'autres universités. Ce n'est pas ainsi qu'il faut avancer. Il faut vraiment voir dans quels domaines des décentralisations et des collaborations sont possibles, tout en maintenant bien sûr les masses critiques nécessaires pour qu'on puisse avoir vraiment - et même si c'est à deux ou trois endroits en Suisse - les centres d'excellence propres à l'école polytechnique fédérale et d'autres centres d'excellence. Vous savez qu'avec les pôles prioritaires, nous sommes aussi engagés dans cette voie dans chacune des universités. Je me réjouis beaucoup des échanges que nous allons avoir. J'espère pouvoir contribuer à ce que des solutions soient trouvées, mais je ne crois pas que l'on puisse déjà parler d'engagement - sinon d'engagement de la bonne volonté, qui est toujours présent.

Puisque j'ai l'occasion de parler de l'Université de Bâle et des maladresses que j'ai pu commettre dans une interview donnée à la "Basler Zeitung", permettez-moi de dire ici toute l'admiration que j'ai pour cette université. Je ne l'admire pas seulement parce qu'elle a un intérêt historique du fait qu'elle est la plus vieille de nos universités, mais en particulier pour des institutions comme le "Biozentrum" et l'excellence qui y a été développée. J'en profite pour me féliciter du choix du professeur Gehring pour le Prix Balzan 2002. C'est une récompense particulièrement bien méritée. Même [PAGE 655] si ce n'est pas non plus très diplomatique d'affirmer cela, je pense que le professeur Gehring aurait mérité - pourquoi pas? - le Prix Nobel, puisque certains de ses élèves l'ont reçu. Je suis très heureuse qu'il ait reçu cette récompense prestigieuse qu'est le Prix Balzan. J'espère que c'est un peu de baume - je ne fais pas un jeu de mot entre "Balzan" et "baume", "Balzan" et "Balsam" - sur les blessures que j'aurais pu infliger à l'Université de Bâle, sans le vouloir et sans oublier le souci que j'ai pour les universités de taille moyenne et petite dans ce pays. Celles-ci ont effectivement des défis plus lourds à relever que des universités qui ont une masse critique telles que, en particulier, celles du pôle lémanique et du pôle zurichois.

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