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Gapany Johanna · Ständerat · 2020-09-16

Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2020-09-16

Wortprotokoll

Notre commission a longuement discuté de ce point et je me permets de défendre ici ma proposition de minorité II.

On propose d'augmenter le montant initial de 10 millions de francs pour le domaine des langues et de la compréhension pour la période 2021 à 2024. Cette demande a été faite pour plusieurs raisons. [PAGE 865]

D'abord pour passer des paroles aux actes. Il est inscrit dans la stratégie "Echanges et mobilité" que la Confédération et les cantons poursuivent la vision selon laquelle tous les jeunes devraient vivre une expérience d'échange ou de mobilité pendant leur formation. Aujourd'hui, on constate que ces échanges ne sont effectués que par une infime minorité des jeunes, soit à peu près 3 pour cent. C'est au moment de la formation scolaire et professionnelle que tout se joue; c'est le moment idéal pour effectuer un échange et apprendre une nouvelle langue ou perfectionner ses connaissances linguistiques.

Une deuxième raison tout aussi importante, c'est le fait d'investir pour faire d'une volonté populaire un véritable programme qui renforcera tant la compréhension entre les régions que la cohésion nationale. Parce que si se comprendre est parfois un défi - et je suis bien placée pour le dire -, les quatre langues nationales que nous cultivons dans notre pays sont aussi clairement une opportunité. Cette diversité linguistique représente un véritable pilier de l'identité de notre pays et contribue clairement à son bon fonctionnement et à son succès. D'ailleurs, le message culture le relève à juste titre: les discussions autour de l'enseignement des langues à l'école et sur la diversité médiatique démontrent bien l'intérêt de la population pour les enjeux touchant à la cohésion nationale.

Mais tout pilier qu'elle soit, la diversité linguistique ne se maintiendra pas sans effort, nous le savons bien. Cette diversité doit constamment s'entretenir et se cultiver pour se maintenir. C'est du travail, bien sûr, c'est de l'argent aussi. Loin d'être une perte, c'est un investissement nécessaire dans la formation qui renforce notre pays, notre main-d'oeuvre. Cet investissement n'est pas anodin puisqu'on vous propose de doubler le montant de 10 millions de francs actuellement à disposition pour atteindre 20 millions de francs dans ce domaine, ceci dans le but de voir une évolution positive des échanges linguistiques dans les années 2021 à 2024.

L'idée est d'abord de concrétiser les objectifs définis par les cantons et la Confédération dans le domaine. Les directeurs cantonaux de l'instruction publique l'ont clairement dit: les moyens prévus actuellement ne suffiront pas à atteindre ces objectifs. Très concrètement, il s'agit d'intensifier les échanges de classes et d'individus durant la scolarité obligatoire et dans l'enseignement secondaire I. Il s'agit aussi de lancer des programmes d'échange ou de mobilité au niveau de la formation professionnelle, d'intégrer un séjour linguistique dans la formation des enseignants, et de développer des projets de coopération et des partenariats à long terme entre les écoles. Tous ces éléments doivent porter leurs fruits. Les compétences linguistiques sont devenues une compétence clé, non seulement pour les politiciens que nous sommes, mais aussi pour être engagé dans une entreprise. Quant à Google Translate, ou tout logiciel de traduction qui peut nous accompagner au quotidien, il ne remplace en rien les connaissances acquises qui permettent l'échange et le dialogue.

Avant de terminer, je vais revenir sur la stratégie "Echanges et mobilité". Il y est indiqué que la promotion des échanges et de la mobilité est une tâche commune de la Confédération et des cantons. C'est l'alliance gagnante. Cette formulation rappelle que les cantons doivent s'impliquer autant que possible, mais aussi que la Confédération a son rôle à jouer en stimulant encore davantage ces échanges. On vit tous dans le même pays, on ne parle pas tous la même langue, et c'est une belle richesse. Mais si l'on est incapable de se comprendre, cela devient une faiblesse. La formation est la clé pour préserver cette richesse et la renforcer, ce d'autant plus qu'après avoir fait un tour d'horizon, on a constaté que la Confédération dépense actuellement plus de 30 millions de francs par an pour les échanges internationaux. C'est un bel investissement vu notre emplacement géographique, sauf que 500[NB]000 francs seulement sont destinés à la promotion des échanges intérieurs.

Ce montant est clairement insuffisant du point de vue de notre minorité. Ce déséquilibre doit être corrigé si l'on veut que l'accent soit dorénavant mis sur la valorisation de nos propres ressources et sur la formation des jeunes de ce pays. La proposition de la minorité II s'inscrit aussi particulièrement bien dans la ligne de la commission soeur du Conseil national, qui charge le Conseil fédéral d'augmenter les fonds destinés aux séjours linguistiques à l'échelle nationale dans le cadre de la formation professionnelle de base.

J'espère avoir pu vous convaincre du fait que notre cohésion nationale mérite une attention toute particulière et un engagement financier plus important à l'avenir.