preparatory:AB 269335
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-09-21
Wortprotokoll
Je crois, Monsieur le conseiller aux Etats Stark, que beaucoup d'éléments ont déjà été apportés dans la réponse écrite donnée par le Conseil fédéral.
Pour le reste, je suis surpris d'une divergence qui semble exister entre nous: l'OFSP ne publie de loin pas que le nombre des nouvelles infections, mais tous les détails. Chaque fois que les chiffres sont publiés, ils renseignent sur les nouvelles infections, les hospitalisations, les décès et le taux de positivité. Peut-être faut-il aller voir la source, et pas seulement ce qui est reporté dans le débat public. Nous sommes responsables des données dont nous sommes la source, et pas de qui les interprète et de comment elles sont interprétées. Tout ce que vous souhaitez - à juste titre - est réalisé, depuis le début d'ailleurs. Et cette transparence nous paraît très importante pour avoir un débat objectif et fondé sur la situation.
Le deuxième élément sur lequel j'aimerais intervenir concerne les valeurs seuils. Le 15 juin, vous avez demandé s'il y aurait une valeur seuil à partir de laquelle il conviendrait de réagir - une sorte de système de feu vert, orange ou rouge. Nous avons toujours été très réticents avec les automatismes et les valeurs seuils. Au mois de juin, le taux était extrêmement faible. Si nous avions fixé une valeur seuil à partir de laquelle il aurait fallu prendre des mesures [PAGE 942] beaucoup plus fortes, comme interdire certaines activités ou autres, ce niveau aurait peut-être été fixé, au plus haut, à 60 nouveaux cas pour 100[NB]000 habitants. Dieu merci, nous ne l'avons pas fixé ainsi, parce qu'on voit aujourd'hui que nous pouvons nous situer au-dessus de cette valeur et garder une maîtrise correcte de la situation. Cela parle contre les automatismes. Il faut vraiment faire attention lorsque l'on gère une situation de crise. On ne gère pas une telle situation avec des automatismes, mais en tenant compte de manière continue de ce qu'on a appris de nouveau et de quelle réaction s'impose.
Qu'est-ce qui a changé depuis le mois de juin? Les cantons font un excellent travail - vous avez mentionné un cas particulier. Depuis le 19 juin, les cantons ont la maîtrise du traçage et ils ont aussi, conformément à la loi sur les épidémies, la première responsabilité en matière de lutte contre la pandémie. Depuis que les cantons effectuent le traçage, ils ont augmenté leurs compétences dans ce domaine. Il faut bien imaginer ce que cela veut dire: dans certains grands cantons, alors que les activités de traçage des contacts étaient jusque-là réalisées par une, peut-être deux personnes avant que le coronavirus n'arrive, il existe aujourd'hui des entreprises d'environ 50 ou 100 personnes créées à cette fin. Des pans entiers de l'administration et des groupes relativement importants ne font plus que cela. Et quand une structure grandit aussi vite, passant d'un emploi à 100 emplois en quelques mois, eh bien évidemment, comme dans toute activité qui croît aussi vite, il y a des problèmes de croissance et de gestion de la croissance qui se posent. Mais les cantons les gèrent bien, ce qui nous permet aujourd'hui d'avoir une situation satisfaisante, en l'état des connaissances, avec le traçage.
Cela dit, les cas augmentent et les hospitalisations augmentent: il y a un lien naturel entre les deux, on le sent bien. Il y a peut-être un lien moins fort que ce qu'on a vu au printemps où seul un petit nombre d'infections était tracé. C'est d'ailleurs pour cela qu'on avait un taux de positivité qui s'est même approché des 30 pour cent, alors qu'aujourd'hui on a un taux de positivité de 3 ou 4 pour cent, donc on retrouve beaucoup mieux les infections. Mais enfin les cas augmentent. Les hospitalisations et les cas de décès vont augmenter également.
Ce qui reste central pour nous, c'est de pouvoir garantir en tout temps et à toute personne un accès de bonne qualité au système de santé. Il est clair que la différence entre aujourd'hui et le mois de mars, c'est qu'aujourd'hui, les opérations électives ont repris dans les hôpitaux. Mais il n'y a pas un nombre de lits infini, notamment dans les stations de soins intensifs, pour faire face à l'accueil d'un nombre important et en augmentation de personnes. Donc il faut que les cantons puissent gérer cela, ce qu'ils font.
Nous continuons donc à suivre l'évolution de la situation. Il faut être conscient que nous voyons évoluer la situation dans les pays qui nous entourent et qu'il y a parfois, dans ces pays-là, de fortes augmentations qui nous créent aussi quelques soucis. Il faut être très clair à ce sujet.
Nous constatons, et nous sommes heureux de le constater, que dans l'intervalle les cantons prennent leur rôle à coeur. La situation n'est pas la même dans une grande ville avec une densité de population importante ou alors dans une région de campagne où la densité de population est moins forte. Il faut donc pouvoir appliquer ces mesures de manière différenciée pour répondre le mieux possible aux problèmes tels qu'ils se posent, ce que font aujourd'hui les cantons et ce que nous observons de manière très étroite avec eux.
Voilà ce que je souhaitais ajouter à la réponse écrite du Conseil fédéral.