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Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2020-12-01

Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-12-01

Wortprotokoll

Nos deux conseils ont débattu en long et en large, durant la session de septembre, pour savoir à quelles conditions les allocations pour perte de gain pouvaient être versées aux indépendants et aux personnes dont la situation est assimilable à celle d'un employeur.

Cet article nous permet, aujourd'hui, de verser une allocation pour les secteurs qui ont connu une réduction d'activité à cause de la crise pandémique, même lorsqu'ils n'ont pas dû fermer. Mais le Conseil fédéral veut l'assortir d'une condition: avoir perdu 55 pour cent de son revenu. Or, en considérant un salaire annuel moyen de 40[NB]000 francs par an, on constate que personne ne peut survivre avec seulement 45 pour cent de son salaire.

De nombreux travailleurs indépendants ne recevront aucune compensation pour leur manque à gagner. Ils passeront malheureusement entre les mailles du filet social construit par la loi Covid-19 et devront épuiser leurs réserves, pour autant qu'ils en aient, avant de devoir se diriger vers l'aide sociale.

Dans certaines petites structures et dans certains secteurs une diminution de 20 ou 30 pour cent du revenu représente déjà une précarisation et met à mal la viabilité de la structure même.

Des personnes exerçant des métiers à petits revenus, comme les coiffeurs ou les esthéticiennes, qui ont d'ailleurs dû fermer durant la première vague, ou des métiers dont le revenu suffit tout juste à tourner à 100 pour cent, se retrouveront sans aide, car avec des revenus paradoxalement trop modestes pour recevoir une aide.

La limite fixée à 55 pour cent de perte du chiffre d'affaires doit donc être supprimée; il faut des solutions plus souples, pas seulement parce que, humainement, c'est une situation très compliquée et délétère dont il est difficile de sortir indemne, mais aussi parce que, économiquement, c'est du gâchis.

Si la structure était viable, même si le revenu du propriétaire était bas, nous devons veiller à la pérenniser et aider le propriétaire à passer le cap de cette pandémie, même si son revenu a été touché de 30 ou de 40 pour cent plutôt que de 55 pour cent.

Nous sommes nombreux à plaider pour un tissu économique fort, composé d'entreprises diverses, de PME et d'indépendants, et à être fiers de ce tissu diversifié. Alors prenons en soin et soutenons les indépendants et les secteurs qui participent à la vie économique de notre pays en adaptant notre dispositif à la réalité du terrain.

Je vous remercie de votre soutien à cette minorité.