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Français Olivier · Ständerat · 2020-12-02

Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2020-12-02

Wortprotokoll

Quand j'ai déposé mon interpellation, je ne savais pas que Mme Vara avait déposé à peu près la même interpellation. Je n'ai peut-être pas tout à fait les mêmes questions ni la même insatisfaction, même j'ai le même type de préoccupations sur une partie des propositions faites par ma collègue, Mme Thorens Goumaz.

D'abord il faut peut-être rappeler qu'il y a passablement d'agriculteurs qui sont touchés: 4500 agriculteurs et 18[NB]000 hectares qui sont en exploitation en Suisse. Il y a aussi un autre constat: la culture de la betterave sucrière nous garantit quasiment la couverture de nos besoins en sucre, tant de nos habitants que de la filière agroalimentaire. Ce n'est pas un sujet complètement anodin, bien au contraire.

Tout comme il n'est pas anodin de lire les fiches techniques qui nous montrent les conséquences de certains pesticides sur le cycle de l'eau, sur le cycle de l'être vivant et en particulier sur les abeilles, voire les oiseaux. Cette persistance de polluants dans le sol, même si la durée de ces polluants dans le sol est relativement courte, moins d'une année, a des conséquences environnementales. Jusque-là, ce sont des faits.

Moi ce qui m'interroge, et ce qui engendre une certaine insatisfaction, ce sont les non-réponses du Conseil fédéral dans la phase que M. le conseiller fédéral Parmelin a qualifiée à l'instant de phase intermédiaire. Il n'y a aucune aide dans nos régions, que ce soit dans le Seeland ou outre-Rhin. Je rappelle que s'il y a des pucerons verts, c'est lié essentiellement au climat, aux différences de température, mais il n'y a aucune réponse pour la phase intermédiaire. C'est le premier élément que je voulais soulever.

Certes, vous dites que la loi permettrait à terme peut-être de donner des coups de main de-ci de-là. Mais c'est clair que s'il n'y a pas un coup de main relativement rapide donné à la branche, passablement d'agriculteurs vont renoncer à cette culture. Une diminution aussi importante de la production, qui nous ramène quasiment à la productivité des années 60, et la concurrence qu'il y a sur ce marché feront que demain nos 18[NB]000 hectares vont diminuer très fortement et qu'on va se retrouver en pénurie d'un aliment qui est quand même assez fondamental. On va alors importer du sucre de l'étranger, sur lequel ces polluants auront été utilisés. C'est donc[NB]une[NB]hypocrisie[NB]du système non négligeable. Cela m'interroge.

En ce qui concerne les solutions alternatives - selon vos propos Monsieur le conseiller fédéral -, je me suis renseigné sur le puceron vert, puisque vous dites, à juste titre, que c'est le puceron vert qui attaque. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas le puceron vert, vous avez peut-être des rosiers chez vous, c'est le même type de dégâts. Qu'est-ce qu'on utilise? On va chez le marchand et on achète un pesticide qui est théoriquement bien sûr interdit et on essaie de lutter contre ces pucerons verts, comme on le ferait pour un arbre fruitier. Les solutions, quand on vient du monde agricole, on les connaît tous. Il y a par exemple le savon noir. Je ne sais pas si vous avez déjà utilisé le savon noir pour lutter contre ces pucerons. Cela fonctionne, mais pas très longtemps, ou alors il faut recommencer toutes les semaines. Le problème, c'est que si vous voulez asperger de savon noir 90[NB]000 plantes par hectare fois 18[NB]000 hectares, vous avez du boulot. Si, à l'époque, il y avait des ouvriers agricoles qui effectuaient un certain travail, aujourd'hui cela devient compliqué.

Moi, je m'attendais à recevoir quelques réponses. Une réponse purement technique qui m'a été donnée par certains, c'est d'augmenter les espaces entre les plantes qui sont actuellement de 16 à 20 centimètres. On sait qu'avec le désherbage mécanique, on peut faire quelque chose, en tout cas diminuer les problèmes. C'est clair que si on augmente la distance entre deux semis, cela a des conséquences sur la productivité, mais en tout cas pas une diminution de 50 pour cent, voire plus, comme on a pu l'entendre.

Mais il n'y a aucune proposition de solutions alternatives, c'est pourquoi j'ai une certaine frustration. C'est clair que vous n'allez pas pouvoir me donner de réponse immédiate, en tant que conseiller fédéral. En tant que professionnel de la branche, vous pourrez me donner tout à l'heure quelques réponses, mais vous ne pouvez pas bien sûr vous déterminer maintenant. Mais je suis quand même quelque peu frustré par les réponses du Conseil fédéral.

J'aimerais vous poser la question suivante, Monsieur le conseiller fédéral: qu'envisage le Conseil fédéral pour assurer la culture de la betterave sucrière afin de garantir, d'une part, une production suffisante pour la consommation de la population et pour la branche agroalimentaire et, d'autre part, la plus-value qu'apporte la betterave dans le cycle de la culture? La betterave est une racine profonde, en tout cas en comparaison aux céréales classiques, ce qui apporte une plus-value non négligeable dans le milieu agricole et, surtout, dans le partage des biens nutritifs du sol.

Voilà, Monsieur le conseiller fédéral, les questions que je me permets d'apporter en complément, tout en vous remerciant des réponses du Conseil fédéral à mon interpellation.