Bendahan Samuel · Nationalrat · 2020-12-02
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-12-02
Wortprotokoll
Les belles déclarations d'intention, c'est magnifique. cela me fait plaisir d'entendre des gens, de droite comme de gauche, dire qu'ils veulent faire quelque chose par rapport à la problématique des pesticides, de la pollution des sols et des eaux. Mais j'aimerais vous rapporter un scoop. Aucune de ces magnifiques déclarations ne va, à elle seule, guérir un million de personnes affectées par les pesticides parce qu'elles consomment de l'eau polluée. Aucune de ces déclarations ne va ressusciter un animal qui est mort à cause de la dégradation de son environnement. Aucune de ces déclarations ne va ressusciter un écosystème qui a été détruit à cause des pesticides ou de la pollution des sols et des eaux. Les mots, c'est beau. Mais cela ne suffit jamais. Aujourd'hui, nous pouvons nous prononcer sur des propositions de minorité qui disent que les mots ne suffisent pas et qu'il faut des actes. Il ne faut pas que des actes, il faut des actes mesurables.
A l'article 6a de la loi sur l'agriculture, qui concerne les pertes d'éléments fertilisants, la différence entre la proposition de la minorité I (Bertschy) et la proposition de la majorité, c'est que ce n'est pas suffisant de vouloir déclarer une réduction des pertes, il faut la chiffrer. 10 pour cent en 2025 et 20 pour cent en 2030, c'est une diminution qui est extrêmement raisonnable. Elle a d'ailleurs été proposée par le Conseil fédéral, qui n'est pas particulièrement de gauche.
Pourquoi c'est nécessaire? Parce que, manifestement, si nous ne faisons pas cela, nous aurons automatiquement des pertes d'azote dans les sols. Ces pertes ne constituent pas seulement des problèmes pour l'environnement, parce qu'elles polluent les eaux, réduisent l'oxygène et détruisent les écosystèmes, mais elles sont aussi mauvaises économiquement. En effet, à chaque fois que nous perdons des [PAGE 2206] éléments fertilisants comme de l'azote, c'est aussi une perte économique, parce que nous fertilisons trop. Ce qui n'est pas utilisé par l'agriculture, est perdu dans les sols, nous dépensons donc de l'énergie pour rien. Il faut viser quelque chose d'optimal d'un point de vue économique aussi bien qu'environnemental. Nous proposons donc de soutenir cette minorité et de prévoir des objectifs clairs et concrets, qui sont certes peu ambitieux, mais qui sont mieux qu'une simple déclaration.
La minorité II (Baumann) propose elle aussi de pouvoir avoir des taxes incitatives. Cela ne suffit pas d'avoir des objectifs, il faut aussi savoir comment on veut les atteindre. Cette minorité vise à mettre à disposition un instrument. Je pense que la possibilité d'avoir un instrument qui n'est pas une obligation ne peut être qu'un plus pour une telle loi. Je vous invite donc, là aussi, à accepter cette proposition.
La proposition de la minorité Dettling (III) illustre exactement ce qui se passe aujourd'hui. Mais j'aimerais juste dire une chose. Je trouve magnifique les efforts qui sont faits par le secteur agricole, je salue chaque effort. Mais si on constate qu'on n'arrive pas réduire la pollution des sols, cela veut dire que ce n'est pas suffisant. Alors soit on sacrifie nos écosystèmes, soit on trouve une solution. Tout ce qui est demandé ici, c'est d'avoir le plus d'instruments possibles et également des objectifs. La proposition de supprimer ces objectifs va complètement à l'encontre des besoins que l'on connaît aujourd'hui. Je vous invite donc à rejeter cette proposition, comme le fera tout le groupe socialiste.
Enfin, nous vous invitons aussi, à l'article 70a alinéa 2 lettres b, g, h et i à quand même prévoir que les subventions d'intérêt public financées par les contribuables soient accompagnées de prestations écologiques. Une liste a été établie. Celle-ci est extrêmement limitée, puisqu'il s'agit, en gros, de limiter les éléments fertilisants, dont nous sommes d'accord aujourd'hui qu'ils peuvent être importants pour l'environnement. Il s'agit aussi de remplir les exigences de protection des écosystèmes et de ne pas pouvoir subventionner, en gros, des activités destructrices de l'environnement lorsqu'il existe des solutions pour protéger l'environnement au travers de ce que nous faisons au niveau agricole.
Enfin - et j'aimerais insister là-dessus -, il existe parfois des moyens simples de mesurer nos objectifs de performance. Ici, il y a un moyen simple: demander aux fournisseurs de déclarer les livraisons d'engrais aux agriculteurs. Cette proposition a été faite par M. Baumann; toutefois, elle a été retirée en faveur de la proposition Jauslin. Je vous invite donc à soutenir la proposition Jauslin, qui prévoit d'obtenir des données - c'est assez simple - pour savoir combien de ces agents sont effectivement injectés dans le système et de pouvoir ensuite agir là-dessus. Si on ne peut pas voir le problème, c'est encore plus difficile de le résoudre.
Nous sommes très heureux chaque fois que nous voyons une personne qui fait des efforts. Mais si nous voulons changer les choses, sauver les écosystèmes et répondre aux objectifs des initiatives visant à réduire l'impact des pesticides sur la santé humaine, nous devons au minimum - et c'est un strict minimum - accepter l'ensemble des minorités Baumann et Bertschy ainsi que la proposition Jauslin. Sinon, nous n'en ferons pas assez, et ce sera évidemment un gros problème pour notre environnement et pour l'humanité.