Mazzone Lisa · Ständerat · 2020-12-15
Mazzone Lisa · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2020-12-15
Wortprotokoll
Je tiens d'abord à remercier M. Français pour son écoute attentive et de reporter ici mes mots exprimés dans un autre dossier.
Il est vrai que la question qui se pose est celle des moyens à disposition de la Confédération pour garantir ce qui a été qualifié très justement par M. Français comme un bien précieux pour notre démocratie, à savoir la diversité de la presse, une diversité garantie par sa qualité. Le problème aujourd'hui, et je rejoins tout à fait ce qui a été dit, c'est qu'on soutient en réalité des stratégies commerciales. La seule chose qu'on peut faire, c'est soutenir des entreprises privées qui ont évidemment - et c'est normal - des desseins commerciaux et économiques, et on a peu de marge de manoeuvre, de mécanismes pour soutenir le corps de métier, à savoir le journalisme et plus précisément la qualité du journalisme, le temps nécessaire au journalisme, le travail, l'artisanat si l'on peut dire. C'est le premier élément.
Le second élément, c'est que pour l'instant on est totalement conditionné au papier, puisque la seule chose qu'on soutient - puisque le Conseil national n'a pas terminé le traitement du projet relatif au train de mesures en faveur des médias -, c'est la distribution des journaux en version papier. Et cela, malheureusement, ce n'est pas une vision d'avenir, ou cela ne peut pas être une vision à long terme. C'est pour cela que le Conseil fédéral a dit d'une part que nous devons assurer aussi un soutien des médias électroniques, et à ce titre on a une réponse dans le train de mesures, mais aussi que cela ne peut pas être la réponse à long terme, que c'est un soutien qui est limité à dix ans et qui, d'ailleurs, fait encore l'objet de discussions. Et puis, ensuite, il va falloir qu'on trouve d'autres voies pour soutenir le journalisme. Et, ici, il n'est pas question de savoir si on adhère au texte de l'initiative parlementaire tel qu'il est proposé, mais de savoir si on reconnaît le besoin d'agir. C'est de cela qu'il est question en première phase du traitement d'une initiative parlementaire. Et je pense que besoin d'agir il y a, à court terme, avec le train de mesures d'aides aux médias évidemment, mais à plus long terme aussi, avec des solutions innovantes qui permettent de soutenir la presse dans sa diversité et dans sa qualité, via un soutien du travail à proprement parler, avec des structures qu'on peut tout à fait monter et mettre en place, qu'on connaît et qui garantissent l'indépendance, comme on en connaît dans d'autres médias. C'est clair que l'indépendance de la presse doit être au centre de nos réflexions.
Force est de constater qu'actuellement la presse en Suisse romande s'apparente à un champ de ruines. On n'a vraiment pratiquement plus aucun titre. Les titres existants fusionnent, présentent des contenus similaires. Donc, en définitive, en termes de diversité, le compte n'y est pas. Et c'est pour cela que c'est essentiel de prévoir non seulement une aide, disons à court terme avec les moyens qu'on a aujourd'hui, mais aussi à plus long terme avec un peu d'innovation et de réflexion qui permettraient de garantir que la presse soit préservée dans ce qu'elle offre en termes de qualité et d'apport au débat démocratique. C'est pour cela que je soutiens cette initiative parlementaire.