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Marty Dick · Ständerat · 2002-10-03

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-10-03

Wortprotokoll

Je suis parmi ceux qui ont soutenu en commission l'initiative parlementaire David; je suis reconnaissant à son auteur d'avoir soulevé un problème important, un problème parfois, même souvent, oublié et sous-estimé. J'estime que l'attention que l'on prête au respect des droits de l'homme reflète le degré de civilisation atteint par une société. Je pense également qu'aucune société n'est à l'abri de rechutes. Et donc, les droits de l'homme exigent de rester constamment vigilant sur le plan éthique et exigent surtout une analyse critique permanente de la situation.

En fait, les droits de l'homme ne sont nullement un "optional" de luxe. Il ne s'agit surtout pas d'un "optional" réservé aux autres pays. Cela concerne aussi notre pays, notre société. Bien qu'ayant atteint un standard du respect des droits de l'homme remarquable, notre pays - je dois le rappeler - a été condamné l'année dernière à neuf reprises par la Cour européenne des droits de l'homme. Et si l'on se donne la peine de lire ces jugements, force est de constater que nous avons encore du travail et que cette vigilance et cette analyse critique permanente dont je parlais tout à l'heure sont absolument nécessaires.

Un autre aspect qui a aussi été soulevé, c'est celui de la politique étrangère. Je pense que l'affirmation des droits de l'homme, la défense du droit humanitaire, l'affirmation de la primauté du droit sont le pilier le plus important de notre politique étrangère. Cela permet à notre petit pays de dire avec autorité à des grands pays comme la Russie qu'il faut respecter les droits de l'homme en Tchétchénie, et aux Etats-Unis que la dignité de l'homme est à respecter aussi à Guantanamo. Et à quel point cette politique étrangère est importante pour notre pays, j'en vois une petite preuve - mais une preuve significative - dans un article de journal qui m'est par hasard tombé sous les yeux hier. Je me permets de vous le lire dans la version originale:

"Es ist höchste Zeit, die Schweiz zu loben. So mutig wie die Schweizer sind die EU-Staaten nicht. Auch Deutschland, das sich als Vorkämpfer einer Weltjustiz sieht, zieht es nun vor, sich hinter einer gemeinsamen Haltung der Union zu verstecken. Viele Staaten, die eigentlich zu dem Weltgericht stehen und auf Europas Union setzen, werden dem Druck der USA nicht länger standhalten, es sei denn, sie nähmen die Schweiz zum Vorbild." Ce n'est pas un canard quelconque qui écrit cela, c'est la "Süddeutsche Zeitung" d'hier. Et c'est vraiment une preuve de l'importance qu'a cette affirmation des droits de l'homme dans notre politique étrangère.

Voilà pourquoi je pense que l'initiative parlementaire David va dans le bon sens. Je ne dis pas que le postulat va dans la mauvaise direction. Je pourrais m'y rallier, à une condition: que ce postulat ne soit pas un alibi, ou autrement dit qu'il ne soit pas un enterrement de première classe. Si on nous dit que, dans six mois, on nous présentera un rapport précis et des propositions, je pourrai me rallier au postulat. Car je suis persuadé que cela sert la cause de notre pays, à l'intérieur - parce que les droits de l'homme sont un patrimoine pour chacun de nous - et à l'extérieur, dans le cadre de notre politique etrangère - nous en voyons les fruits et nous voyons à quel point il est important d'affirmer ces principes.