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leer · 2002-11-25

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Wortprotokoll

La présidente (Maury Pasquier Liliane, présidente): Le 25 novembre, c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Et je voudrais saisir cette occasion pour rappeler, dans ces temps où le thème de l'insécurité fait la une de nos médias, que la toute grande majorité des actes de violence perpétrés en Suisse le sont dans le cadre familial ou privé, le plus souvent à l'encontre des femmes et des enfants. Il n'est donc certainement pas inutile de consacrer une journée à une prise de conscience nécessaire sur un problème qui est aussi le nôtre.

Le 25 novembre, c'est aussi l'anniversaire de l'inscription dans notre constitution du principe d'une assurance-maternité. Et j'ai bon espoir, plus de cinquante ans après, de voir ce principe en passe d'être prochainement réalisé.

Le 25 novembre, cette année, c'est encore le lendemain de votations populaires qui, si elles ont finalement vu les autorités fédérales suivies dans leurs recommandations, alimentent des craintes sur l'évolution du climat dans notre pays. En effet, il s'en est fallu d'un cheveu que la majorité n'accepte d'inscrire dans notre constitution des prescriptions empreintes de xénophobie et contraires à un droit pourtant internationalement reconnu qui est le droit d'asile. Mes chères et chers collègues, je suis personnellement très inquiète de voir la Suisse, pays des droits humains, gardienne des Conventions de Genève sur le droit humanitaire international, être si près de renoncer à ce qui a fait jusqu'alors sa fierté. Je pense que nous devons prendre cette menace très au sérieux. Le profond malaise et la peur sous-jacente qu'expriment ces résultats doivent nous pousser tous partis confondus à mieux écouter ce qu'une population inquiète de son avenir a à nous dire, ce qu'elle ressent, et à veiller à ce qu'elle ne se laisse pas séduire par des sirènes populistes mensongères et dangereuses. Mais il faudra pour cela peut-être d'abord apprendre à nous écouter dans cette enceinte, mouiller notre chemise et cesser de caresser la bête dans le sens du poil.

Le 25 novembre, cette année, c'est enfin le passage du relais entre une présidente qui s'en va et un président qui arrive. C'est donc aussi l'occasion de faire un bref bilan de l'année écoulée. Vous savez de l'intérieur qu'être présidente, c'est diriger les débats du Conseil national, c'est parfois parler dans le vide, c'est faire tout le possible pour que ces débats se déroulent d'une manière harmonieuse. Mais c'est également, et c'est certainement là la partie la moins visible de l'iceberg, représenter le Parlement et la Suisse. Au cours de 30 rencontres à classer au chapitre des relations internationales et de plus de 60 manifestations officielles, j'ai ainsi eu la possibilité de rencontrer des gens aussi différents que le grand-duc du Luxembourg ou le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, mais aussi des sages-femmes, des chercheurs et des chercheuses, des médecins, des pépiniéristes, des footballeurs et des footballeuses, des licenciés en droit et des personnes engagées dans la vie associative.

J'ai pu organiser, grâce aux Services du Parlement, et en particulier à M. Blaser, que je remercie ici, une manifestation au Palais fédéral pour la Journée internationale des femmes, et ce 8 mars me laissera un souvenir chaleureux et lumineux comme le soleil. Avec un soulagement qui fut à la mesure des nombreuses années d'attente, j'ai pu saluer en votre nom le oui du peuple à l'adhésion de la Suisse aux Nations Unies et celui en faveur de la dépénalisation de l'interruption de grossesse.

J'ai pu participer à des manifestations chrétiennes, juives et musulmanes ou célébrer le 650e anniversaire de l'entrée de Glaris et de Zoug dans la Confédération. Je suis devenue la marraine d'un bateau, ainsi que celle du millésime 2001 des vins genevois. De la 25e Fête des yodleurs à Fribourg aux 100 ans des CFF à Olten, de la landsgemeinde de Glaris à l'expo-photos organisée à Bellinzone à l'occasion de la Journée des droits de l'enfant, j'aurai parcouru la Suisse, plus particulièrement quinze de ses cantons, et un peu le monde: Zagreb pour le Conseil de l'Europe, New York pour la cérémonie d'entrée de la Suisse dans l'ONU, sans oublier Robben Island.

Oui, vraiment j'ai vécu une année exceptionnelle, et je vous remercie, mes chères et chers collègues, de m'avoir permis de remplir cette tâche au cours de cette année, comme je vous remercie de vous être engagés tout au long de nos [PAGE 1722] travaux parlementaires pour les causes qui vous sont chères et pour l'intérêt de la Suisse qui vous tient à coeur. Même si l'ampleur de nos ordres du jour et la liste des objets encore à traiter au cours de cette législature sont source d'inquiétudes à mes yeux, je ne peux que constater ici que cela n'est en tout cas pas le résultat d'un manque d'engagement de votre part. Il s'agirait plutôt d'un manque d'adaptation de nos structures à la réalité. Nous devons pourtant bien reconnaître que la Suisse de 2002 n'a pas les mêmes problèmes à résoudre que celle de la fin du XIXe siècle et nous devrions nous inspirer de ces changements pour adapter nos structures à cette évolution sans fausse nostalgie, la capacité d'adaptation étant un élément essentiel à la vie.

Au chapitre des remerciements, je tiens bien évidemment à mentionner notre secrétaire générale, Mme Mariangela Wallimann-Bornatico, ses adjoints MM. John Clerc - qui est particulièrement précieux à la tête du Service des relations extérieures et qui a mis sa mémoire et sa plume au service de nombre de personnes qui ont pris place sur ce siège avant moi -, Hans Peter Gerschwiler et Christoph Lanz, sans oublier MM. Anliker et Thomann, qui passent la plupart des sessions en notre compagnie, ni Mmes Stritt, Thöne, Brand et Zülli, ni toutes les personnes qui font plus que travailler pour le Parlement, qui s'y engagent: les huissiers, les traductrices et traducteurs, les nettoyeuses et les nettoyeurs, toutes celles et tous ceux qui s'occupent de l'accueil, des manifestations, de la sécurité, de l'information et du secrétariat.

Merci également à mes vice-présidents, Yves Christen et Max Binder, sur lesquels j'ai toujours pu compter au cours de cette année, ainsi qu'à mon homologue du Conseil des Etats, Anton Cottier, au président de la Confédération, Kaspar Villiger, et à ses collègues du Conseil fédéral, avec lesquels la collaboration a été très bonne également tout au long de cette année.

Malgré les inquiétudes dont je vous ai fait part ou peut-être à cause d'elles, j'aimerais terminer par une citation: "Je suis fondamentalement optimiste. Je ne sais si cela vient de ma nature ou de ma culture: être optimiste, c'est en partie avoir la tête dirigée vers le soleil et les pieds qui continuent à avancer. Il y eut beaucoup de moments sombres quand ma foi dans l'humanité était mise à rude épreuve, mais je ne voulais ni ne pouvais me laisser aller au désespoir. Cette voie mène à la défaite et à la mort." La personne qui a écrit ces lignes sait de quoi elle parle, elle l'a expérimenté dans sa chair et dans sa vie. Avec Nelson Mandela, engageons-nous sur la voie d'un optimisme qui rend le monde meilleur. (Applaudissements)

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