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preparatory:AB 27701

Mugny Patrice · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2002-11-26

Wortprotokoll

Cet aspect du budget, je l'avais déjà brièvement abordé dans le débat d'entrée en matière. On touche là un des deux ou trois points, je dirai, sensibles du rapport entre ce que la Suisse dit et ce que la Suisse fait. A mon sentiment, on sort là - d'ailleurs je crois savoir que des gens même de groupes fort éloignés du groupe écologiste nous soutiendront - de l'opposition gauche/droite. On est plutôt dans le domaine d'une sorte de morale élémentaire et d'honnêteté vis-à-vis de nos engagements.

J'aimerais rappeler qu'en 1991, à Rio de Janeiro, M. Cotti, conseiller fédéral, avait formellement promis que la Suisse consacrerait dorénavant 0,4 pour cent de son produit national brut à l'aide au développement. Nous sommes déjà bien loin du 0,7 pour cent conseillé par les organisations internationales, notamment par l'ONU, mais, bref, ce 0,4 pour cent avait été promis.

M. Deiss, conseiller fédéral, collègue de M. Villiger, président de la Confédération, s'est rendu à Johannesburg et il a promis ce 0,4 pour cent encore une fois alors que nous ne l'avons jamais atteint. Cela fait dix ans que ce 0,4 pour cent a été promis et que, chaque année, on tourne autour de 0,35 pour cent. Des fois, on descend même à 0,33 pour cent puis on remonte à 0,34 pour cent. Bref, beaucoup de tergiversations! M. Deiss a promis d'atteindre 0,4 pour cent, mais il n'a pas dit jusqu'à quand. Ce n'est qu'après qu'on a découvert qu'il l'avait promis pour 2010. Donc, l'objectif n'est pas tout proche, il est loin. Il a été promis qu'en 2010, nous atteindrions enfin ce fatidique 0,4 pour cent.

Or, que se passe-t-il quand le projet de budget est présenté - je parle du dernier projet parce qu'il y en a eu trois? On voit que l'objectif est une fois de plus abandonné. Une fois de plus, la promesse n'est maintenue que vis-à-vis de l'extérieur. J'ai dit alors à MM. Deiss et Villiger: "Cessez donc de promettre, au moins ce serait cohérent! Dites: 'Nous restons à 0,35 pour cent.'" Ce serait un choix politique, mais alors on l'assume et on dit publiquement que l'on ne veut donner que 0,35 pour cent et que nous ne sommes pas dans le peloton de tête. Point final.

Mais non, on continue à dire qu'on veut atteindre 0,4 pour cent. Alors, tout ce que la minorité propose, c'est de réinjecter dans le budget la part qui nous permettra d'y arriver en 2010. La minorité ne demande pas d'atteindre le but tout de suite, mais de continuer la démarche qui consiste à respecter la promesse faite il y a dix ans. Et en 2010 cela fera vingt ans! La minorité demande juste qu'on réintroduise les 36 millions de francs qui vont dans ce sens-là.

Je me permets de rappeler que j'ai participé récemment à un débat public sur l'UDC où j'avais en face de moi M. Cina du PDC. Celui-ci m'a promis à l'époque qu'il défendrait aujourd'hui cette position-là également. Je me dis alors qu'entre les socialistes, les Verts, les libéraux - si j'en crois ce que mes oreilles ont entendu ce matin avec délice -, et si on ajoute les démocrates-chrétiens, on ne devrait pas être très loin d'une majorité. J'espère donc que M. Cina tiendra sa parole et qu'il sera suivi. Et je vous appelle simplement à respecter notre promesse qui a été faite il y a dix ans, ce qui demandera encore des années avant qu'elle se réalise enfin en 2010.

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