Beck Serge · Nationalrat · 2002-11-27
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2002-11-27
Wortprotokoll
Nous voilà une fois de plus confrontés à l'axe principal du programme de la gauche: demain on rase gratis.
Ce qu'on nous propose, ce n'est ni plus ni moins que de faire passer dans ce budget la part des dépenses sociales de 25,7 à 27,7 ou à 28 pour cent des dépenses de la Confédération. Même l'argumentation est caricaturale. Vous avez entendu tout à l'heure Mme Fässler nous le dire: "Toutes les familles qui ont des enfants sont des 'working poor'." J'en suis un. Nombreux sont ceux dans cette salle qui sont des "working poor". Tout cela n'est pas sérieux.
La LAMal est un instrument que la gauche a très vigoureusement contribué à mettre en place. Cet instrument n'est qu'une étape vers ce qu'a toujours souhaité la gauche, un système de santé qui soit totalement étatisé. Cela, nous n'en voulons pas et il convient de le dire.
Les problèmes qui se posent très réellement dans ce régime, j'insiste pour réaffirmer qu'ils ne se posaient pas dans les régimes précédents. Je me rappelle des primes d'assurance-maladie pour les enfants, qui n'existaient pas sous l'ancienne législation dans certaines caisses, ou qui étaient à 60 ou à 80 francs. Et ce ne sont pas les seuls progrès de la technologie médicale qui justifient les hausses, vous le savez très bien.
La gauche a toujours maîtrisé la mise en place des réglementations de concrétisation de la législation qui était acceptée par ce Parlement, et elle vient aujourd'hui chaque fois que cela est possible, dénoncer les problèmes que pose l'application de cette loi.
Je crois que nous ne pouvons que vous renvoyer à vos responsabilités politiques. Ce que vous voulez, en utilisant le système de l'arrosoir en matière financière, n'est pas autre chose que de casser le partenariat social qui existe dans chacun des régimes sociaux de ce pays, et qui veut que ce ne soit pas la seule fiscalité, et donc la seule Confédération qui assume la marche des services sociaux, mais que les citoyens bénéficiaires gardent leur responsabilité.
Je crois que si l'on veut trouver dans la population une majorité favorable à l'idée de réformer très sérieusement le système du financement de la santé, eh bien nous devons appeler chacun des citoyens à supporter les responsabilités qui sont celles de consommateurs du système de santé.
Si la gratuité de la prime pour les enfants n'est pas a priori un système aberrant, encore convient-il d'instaurer ce système et de le financer à l'intérieur du régime social. Nous l'avons examiné avec le parti libéral. Si nous sommes amenés par la suite à retenir cette solution, il conviendra que ce soit sur les primes des adultes que l'on fasse porter le poids réel du financement de la santé plutôt que sur le contribuable par le biais déresponsabilisant de prélèvements fiscaux au niveau de la Confédération.
Je crois que malheureusement, une fois de plus, la gauche veut tout ramener au problème de prélèvements fiscaux exagérés. Elle veut développer une politique procyclique. [PAGE 1787] Elle a d'ailleurs suffisamment condamné le frein à l'endettement pour nous ramener à cette réduction de la vision politique de la conduite financière du pays. La gauche nous conduit à l'échec.
Je vous invite très fermement à rejeter la proposition de minorité Fässler.