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Walder Nicolas · Nationalrat · 2021-03-09

Walder Nicolas · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2021-03-09

Wortprotokoll

Au nom du groupe des Verts, je tiens également en premier lieu à féliciter les auteurs de ce document très complet et à saluer la qualité des analyses qui s'y trouvent. Sur la forme, nous avons particulièrement apprécié la nouvelle annexe qui illustre de manière synthétique l'état d'avancement des objectifs annuels et quadriennaux. Cet outil est particulièrement opportun, car il permet, comme nous le demandons depuis très longtemps, d'évaluer l'atteinte des objectifs en matière de politique étrangère. Ceci dit, si la démarche est à saluer, les indicateurs choisis dans ce rapport de politique extérieure restent malheureusement insuffisants, car ils se concentrent trop souvent sur les moyens déployés au lieu d'évaluer les impacts souhaités, échouant dès lors à évaluer la finalité des politiques menées. Car, vous le savez, même si le Parlement est quelques fois difficile à convaincre, obtenir un aval, par exemple, pour participer à une opération de maintien de la paix ne peut pas encore être considéré comme la réalisation d'un objectif. Les Vertes et les Verts souhaitent donc, à l'avenir, que des indicateurs qualitatifs soient définis.

Sur le fond, la situation internationale est très préoccupante et devrait nous alerter. Elle est préoccupante à cause du Covid-19 et les stratégies de vaccination beaucoup trop nationales, y compris en Suisse, nous interpellent, car les pays pauvres subissent une pandémie dont ils ne sont pas responsables et parce que le coronavirus mute rapidement. Si nous ne protégeons pas toutes les populations contre le virus, il est probable que de nouvelles souches se développeront dans les pays du Sud, impactant l'ensemble de la planète. La Suisse doit donc plaider pour un financement plus ambitieux du projet Covax et, comme le demande l'Assemblée parlementaire de la francophonie, soutenir la résolution portée par l'Inde et l'Afrique du Sud en faveur d'une dérogation à l'Accord sur les Adpics pour les vaccins contre le Covid-19. Aujourd'hui, nous n'avons pas besoin d'une politique étrangère qui défende les intérêts des grandes pharmas, mais qui investisse plutôt toute la puissance de la Suisse en faveur d'un accès équitable aux vaccins, afin de nous protéger toutes et tous. La situation est d'autant plus préoccupante que la crise sanitaire a réduit à néant les efforts de nombreux pays pour atteindre les objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 de l'ONU.

Les Vertes et les Verts saluent la décision du Conseil fédéral de placer le continent africain au coeur de ses priorités. C'est juste et stratégique. C'est aussi pour que cette importance se matérialise que nous demandons une fois de plus que la Suisse accroisse ses budgets en faveur de la coopération internationale et porte au sein des institutions de Bretton Woods la volonté d'effacer la dette des pays les plus pauvres.

Nous sommes également interpellés par la situation internationale. Le bras de fer entre la Chine et les Etats-Unis s'intensifie, risquant de nous replonger dans les années de guerre froide.

Avec les présidences de George W. Bush et de Donald Trump, les Etats-Unis ont abîmé leur crédibilité en matière de promotion de la démocratie. Quant à la Chine, elle tente de faire passer son autoritarisme capitaliste pour une alternative. La Suisse, elle, porte une part de responsabilité dans cette situation, car à force de privilégier ses intérêts économiques au détriment du respect des droits humains, elle a largement contribué à ce qu'un pays non démocratique comme la Chine devienne une superpuissance.

Dans un tel environnement, la question, pour notre pays, n'est pas de choisir ou ne pas choisir son camp entre ces deux modèles. La question est de savoir comment renforcer, au niveau international, les valeurs qui sont au coeur de notre pays, telles la paix, la démocratie, les droits humains et les libertés, et de savoir comment offrir un modèle qui se base sur la coopération internationale et le droit international.

Dans ce contexte, la Suisse doit redevenir un acteur clé dans la promotion du multilatéralisme et du respect du droit international en commençant, par exemple, par adhérer sans plus attendre au Traité sur l'interdiction des armes nucléaires.

Au lendemain du vote historique sur l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, qui a frôlé la correction pour le Conseil fédéral, les Verts appellent aussi ce même Conseil fédéral à introduire des normes contraignantes dans tous les accords économiques.

Enfin, face aux enjeux historiques, tant géopolitiques que climatiques ou sanitaires, il est nécessaire pour la Suisse de pouvoir compter sur des alliés solides. C'est pourquoi les Vertes et les Verts appellent le Conseil fédéral à rapprocher notre pays de son allié naturel qu'est l'Union européenne. Il doit redoubler d'efforts pour signer rapidement l'accord institutionnel qui assurera à notre pays de pouvoir exercer pleinement sa souveraineté et garantira ses libertés à notre population.

Si la situation actuelle nous préoccupe au point d'appeler le Conseil fédéral à prendre des décisions courageuses, nous souhaitons ici aussi remercier une fois de plus les [PAGE 309] collaboratrices et collaborateurs du DFAE pour leur engagement tout au long de cette année difficile et pour l'important travail accompli au niveau international dans des conditions particulièrement difficiles.