Thorens Goumaz Adèle · Ständerat · 2021-03-09
Thorens Goumaz Adèle · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-03-09
Wortprotokoll
Je me suis abstenue durant la séance de commission, et c'est pour cette raison que j'aimerais dire quelques mots aujourd'hui sur la motion 21.3002 de la CEATE-E, même s'il n'y aura pas de vote.
Nous sortons d'une votation très polarisée sur le sujet, avec l'acceptation du référendum contre la précédente révision de la loi sur la chasse, mais je crois qu'une large majorité s'est exprimée au sein de la population pour dire qu'elle était d'accord sur le fait que la cohabitation devait être favorisée. Cohabitation est vraiment le mot clé, et il est d'ailleurs cité dans cette motion. Cependant, il reste une profonde divergence sur la manière dont nous pouvons atteindre cet objectif de cohabitation. En effet, il y a plusieurs pistes à suivre, cette motion le montre d'ailleurs. Il y a l'accentuation de la régulation du loup - qui était au coeur de la dernière révision de la loi sur la chasse - et les mesures préventives, comme notamment les soutiens aux éleveurs.
Le texte de la motion indique que "la décision du peuple doit certes être respectée", mais que nous devons "trouver rapidement une solution pragmatique." L'expression "solution pragmatique" a également été utilisée par notre rapporteur. Malheureusement, je doute que nous ayons toutes et tous les mêmes représentations concrètes de cette solution pragmatique, et c'est là tout le sens de mon abstention. [PAGE 173]
Le texte de la motion cible deux axes possibles, à savoir favoriser les tirs: "Il s'agit d'éliminer plus rapidement les prédateurs causant des dommages." Plus loin, on peut lire: "Il convient ainsi de baisser le seuil relatif à la régulation des loups." Clairement, ce qui est demandé dans cette motion, c'est que l'on puisse tirer des loups plus facilement.
Mais il s'agit aussi, et c'est le deuxième axe de la motion, de renforcer la protection des troupeaux.
Même si cette motion ne vise pas à reprendre les discussions menées pendant plusieurs années - discussions auxquelles j'ai participé à titre personnel comme membre de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national -, même s'il ne s'agit donc pas de recommencer le travail à zéro, mais de procéder à des adaptations dans le cadre légal actuel, je trouve délicat d'un point de vue démocratique de revenir maintenant, juste après un vote où la majorité de la population s'est exprimée contre une stratégie de cohabitation basée sur les tirs du loup, en demandant de faciliter les tirs de ces grands prédateurs.
Je suis cependant extrêmement favorable à une amélioration des mesures de soutien aux éleveurs, qui pourrait d'ailleurs passer par des adaptations de la politique agricole. Pour le moment, ces mesures de soutien relèvent de politiques de la gestion de la faune, et ce point devrait être remis en question. Nous devrions réfléchir ensemble à des mesures, dans le cadre de la politique agricole, qui permettraient de soutenir les activités pastorales dans notre pays, car ces activités pastorales ne sont pas seulement menacées par les grands prédateurs : les éleveurs doivent affronter bien d'autres problèmes. Ces mesures devraient donc aussi tenir compte des autres difficultés rencontrées par les éleveurs et pas seulement être ciblées sur le loup.
C'est pour cette raison que je ne me suis pas opposée à la motion, puisqu'encore une fois elle propose aussi d'améliorer les mesures de soutien aux éleveurs, les mesures véritablement préventives, pour favoriser la cohabitation. Mais encore une fois, je ne pouvais pas soutenir cette motion, puisqu'après une décision démocratique encore toute récente, elle demande de faciliter les tirs, et je crois que, tout de même, le peuple nous a dit qu'il ne souhaitait pas de pratique facilitée des tirs contre les loups en tant que mesure visant à faciliter la cohabitation; ce n'est pas le chemin que le peuple souhaitait.