Matter Michel · Nationalrat · 2021-05-05
Matter Michel · Nationalrat · Genf · Grünliberale Fraktion · 2021-05-05
Wortprotokoll
Sauver des vies, sauver des vies! Vous allez entendre souvent, très souvent cette expression aujourd'hui, car c'est là le coeur du débat qui nous anime.
Les chiffres sont tombés brutalement lundi. En Suisse, les listes d'attente pour obtenir une transplantation ne cessent de s'allonger. Swisstransplant a donc lancé un cri d'alarme et évoque une probable diminution des activités de transplantation. Et ce n'est pas la pandémie qui peut être seule responsable, cette baisse datant d'avant la crise sanitaire.
Pour le groupe vert'libéral, il est temps de se tourner du côté de la vie, du côté de l'espoir, du côté d'une vie sauvée grâce au don d'organes.
Je suis médecin, vice-président de la FMH. J'ai suivi personnellement des patients jeunes en attente de greffe durant mes premières années de ma vie professionnelle. Une attente difficile, souvent longue, très longue, faite de souffrances physiques et psychiques, où l'espoir laisse souvent la place au désespoir, jusqu'au jour merveilleux de l'annonce qu'un organe est à disposition. Un moment immense, intense, unique. Tout s'emballe, tout s'accélère. Alors s'organisent autour d'une patiente, d'un patient, une famille, des proches, des amis, une équipe médicale, un service hospitalier, une chaîne humaine, une course contre la montre. Un monde entier est chamboulé. Pour un but unique: la vie. Sauver une vie.
La Suisse est en retard. Son approche de la transplantation doit évoluer. Ce débat est attendu. Le consentement présumé est une évidence dans la majorité des pays qui nous entourent. Il est temps de faire le pas.
Le principe du consentement présumé au sens large doit devenir la règle en Suisse. C'est là le choix d'une société tournée vers les siens, vers l'espoir. Dans notre pays, le temps d'attente pour une transplantation d'organe doit impérativement être raccourci. La volonté profonde de chacune et de chacun doit être respectée. C'est fondamental.
Ce qui est demandé ici, c'est que les personnes qui refusent le prélèvement d'organes après leur décès doivent le déclarer. Actuellement, c'est l'inverse. C'est bien cela qu'il faut changer. Faire évoluer la société, aller dans le sens de la vie ressemble à une haute vision politique, digne et progressiste.
La question du don d'organes arrive fréquemment à l'improviste. Qui peut prévoir l'impensable - oui, qui peut prévoir l'impensable? -, qui peut s'imaginer devoir répondre à des questions touchant à la volonté profonde du proche aimé? Le Conseil fédéral va dans le sens des initiants mais souhaite intégrer davantage les proches. Il s'agit de mieux définir leurs rôles et leurs compétences. L'éventualité que les proches ne puissent être atteints sera également débattue. Au-delà de la question de la transplantation et du don d'organes, c'est la notion de volonté personnelle, de l'autodétermination, qui doit être prônée. Nous devons arriver à des décisions claires concernant le prélèvement d'organes.
C'est un changement de principe, un changement de système qui est en jeu. Ce qui importe, c'est que toute personne de plus de 16 ans révolus puisse décider de manière autonome si ses organes, tissus ou cellules peuvent être prélevés.
Le consentement présumé doit devenir la règle. C'est un progrès fondamental, évident. Oui à une Suisse qui avance, qui protège les siens et qui promeut le don d'organes, pour sauver des vies. [PAGE 842]