Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2002-12-03
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-12-03
Wortprotokoll
Au fond, ces débats, quel que soit le sujet, reviennent toujours à la même différence entre les visions des choses. Monsieur Schlüer, personne ne conteste la responsabilité première, la responsabilité de base des Etats qui ont établi, promu, construit, créé ces armes de destruction, ces armes horriblement dangereuses, personne ne le conteste. Mais la majorité de ce Parlement, je crois, comme le Conseil fédéral estiment que la communauté internationale doit appuyer les efforts qui sont faits soit par un pays, soit dans une région. C'est vrai dans tous les domaines. C'était exactement le même débat, toutes choses égales, à propos par exemple des interventions en faveur de la paix au Kosovo. Et on se retrouve en fait devant exactement la même problématique. [PAGE 1914]
On dit en français: "Aide-toi et le ciel t'aidera." Eh bien, on doit dire à un pays: "Aide-toi et la communauté internationale t'aidera." Car en réalité, la communauté internationale et l'Etat en question ont un intérêt commun à ce que l'on évite les risques d'une prolifération d'armes horriblement dangereuses. Donc, la Russie l'admet. Mais si la Russie admet le principe, si elle a - c'est reconnu, je crois, par le Département fédéral des affaires étrangères - réellement accompli des efforts dans ce sens, elle a besoin d'aide. Et, Monsieur Schlüer, la majorité de la commission considère que cette aide répond à notre vocation, à notre tradition, à notre intérêt, à notre vision de la sécurité, qui est une vision globale de la sécurité.
Par conséquent, il n'y a pas simplement une séparation à faire: "Nous, nous savons désarmer, la Russie n'a qu'à désarmer." Mais si la Russie n'arrive pas à désarmer et s'il y a une prolifération des armes chimiques, le danger écologique, le danger par le biais du terrorisme, le danger pour la sécurité, ce danger nous menace nous aussi! Donc c'est notre vocation, notre devoir, notre tradition, mais aussi notre intérêt aussi bien écologique que du point de vue de la sécurité, que de contribuer.
Alors, vous nous parlez du Laboratoire AC de Spiez et d'une expertise. C'est bien joli une expertise! Mais la Russie n'a pas seulement besoin d'une expertise. Elle a besoin d'une aide, d'une véritable aide. Alors vous nous parlez de corruption, et vous avez probablement raison. Mais de ce point de vue-là, il faut être contre la proposition de minorité Borer, parce qu'il faut qu'il y ait un controlling assuré (projet 2, art. 2 let. f). Justement, la Suisse veut contrôler le processus de destruction de ces armes chimiques.
Pour toutes ces raisons, par 18 voix contre 3, la commission vous propose d'entrer en matière et de rejeter la proposition de renvoi de la minorité Schlüer.