Gapany Johanna · Ständerat · 2021-09-14
Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2021-09-14
Wortprotokoll
J'habite le même canton que certaines des 4500 familles de producteurs de betteraves, et j'espère vous voir soutenir la majorité de la commission.
Je ne reviendrai pas sur les chiffres, car beaucoup ont déjà été évoqués et je ne souhaite pas prolonger le débat, mais j'aimerais quand même m'arrêter sur certains enjeux en lien avec le montant articulé. En effet, si ce montant n'est pas extrêmement conséquent et n'a pas un grand impact pour les produits industriels, il a toute son importance pour les personnes qui disposent du savoir-faire et qui le maintiennent dans notre pays.
Parmi les enjeux, il y a évidemment le maintien du savoir-faire, la valorisation d'un produit en Suisse et le maintien d'une industrie et de ses emplois dans l'intérêt des régions qui vivent de cette industrie. Et puis, il s'agit aussi de trouver le juste milieu entre la sécurité alimentaire et l'ouverture des frontières. J'ai presque envie de vous dire que face à l'appel légitime et assez juste à consommer moins de sucre, eh bien, tant qu'à consommer moins de sucre, autant qu'il soit issu de la production locale et de qualité.
Les 240[NB]000 tonnes de sucre évoquées concernent toute la chaîne artisanale permettant la production de nos spécialités, qu'il s'agisse des meringues, de l'"Apfeltorte", des bricelets, de la "Nusstorte", des Läckerlis, des pralinés, et j'en passe. Cela concerne aussi toute la chaîne gastronomique, mais aussi les produits industriels, dont certains font leur succès à l'étranger. Lorsqu'une branche de chocolat contient 45 pour cent de sucre, cela m'étonnerait que l'on puisse encore apposer l'inscription "Made in Switzerland" sur un tel produit s'il contenait du sucre produit à l'étranger.
Il est clair, et les représentants de la minorité l'ont dit, que l'on pourra toujours se fournir en sucre à l'étranger. A quel prix? Personne ne peut le dire aujourd'hui. La seule garantie que nous avons aujourd'hui, c'est que nous pouvons proposer une légère et supportable augmentation du prix. Mais, à terme, en étant dépendants de l'étranger, nous ne savons absolument pas comment les prix évolueront et n'aurons aucune maîtrise de ces derniers. Bien sûr, l'ouverture du marché a amélioré notre qualité de vie - c'est un fait -, et je la soutiens. Désormais, la chose la plus difficile qu'il nous reste à faire, et c'est peut-être notre génération qui en a la responsabilité, c'est de trouver le juste équilibre entre l'ouverture des frontières et notre sécurité alimentaire.
J'espère vous voir soutenir la majorité de la commission.