Cottier Damien · Nationalrat · 2021-09-15
Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2021-09-15
Wortprotokoll
J'espère que le vote sur cette motion, qui parle aussi de tourisme, sera plus facile que le vote sur la motion CER-E.
Cela a été dit et répété ce matin, le secteur touristique a été fortement touché par la crise du Covid-19. Selon les prévisions économiques de l'institut KOF, le secteur se rapprochera du niveau d'affaires d'avant la crise seulement en hiver 2022 ou au début de 2023, donc dans plus d'une année. C'est donc durant plus de deux années et demie que le secteur aura été fortement mis à l'épreuve.
Hotelleriesuisse estime à 3,3 milliards de francs les pertes cumulées de la période jusqu'à la fin de l'année 2022 et Gastrosuisse avertit que deux tiers des établissements de l'hôtellerie et de la restauration souffrent de problèmes de liquidités et que leur chiffre d'affaires est encore inférieur de 40 pour cent par rapport au niveau d'avant la crise, même si la situation diffère selon les régions et selon le type d'établissement.
Heureusement, les aides de la Confédération et des cantons attribuées sous différentes formes, ainsi que les montants impressionnants rappelés ce matin par le président de la Confédération, ont permis à ces entreprises de passer la crise et de survivre. Mais la capacité d'investissement a été notoirement diminuée et le remboursement des crédits contractés pendant la crise diminue encore la capacité d'investir dans l'avenir. Or, avant cette crise déjà, le constat était là: il est nécessaire d'investir dans la modernisation de la capacité d'accueil de notre pays, notamment la capacité d'innover et de mieux prendre en compte le développement durable.
Nous avons débattu tout à l'heure de deux motions issues des rangs du Conseil des Etats. Je n'y reviens pas. La motion que je vous propose, et dont je me réjouis que le Conseil fédéral la soutienne, contrairement aux motions dont nous avons discuté tout à l'heure, cible particulièrement les investissements du tourisme dans la durabilité et sa capacité d'innovation. Elle vise à le faire en utilisant les instruments existants - on ne va pas inventer de nouveaux instruments ou de nouveaux mécanismes - afin de donner le coup de pouce nécessaire à une sortie rapide de la crise et une orientation vers l'avenir en inscrivant cette action dans la durée. Il s'agit de faire le pont avec les intentions que le Conseil fédéral annoncera bientôt s'agissant du bilan et des perspectives de la stratégie touristique de la Confédération dès 2022 et [PAGE 1631] de la promotion économique pour les années 2024 à 2027. Cela représente un complément important à la motion Stöckli 19.3234 dont nous avons discuté tout à l'heure.
Dans sa réponse à la motion de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats 21.3018, sur laquelle nous avons dû voter plusieurs fois et que nous avons rejetée, le Conseil fédéral indiquait, en faisant référence directement au texte dont nous parlons maintenant: "le DEFR présentera un train de mesures de relance pour les années 2022 à 2025 environ axées sur la redynamisation de la demande et le maintien de la capacité d'innovation, en accordant une importance particulière à la question de la durabilité". Cela correspond exactement à ce que vise la motion qui vous est soumise. Et c'est aussi dans ce cadre que s'inscrivent les décisions annoncées par le Conseil fédéral voici quinze jours, le 1er septembre, à savoir ce fameux "Recovery Program" dont parlait tout à l'heure le président de la Confédération, qui prévoit un soutien ponctuel au secteur touristique à la sortie de la crise en faisant le pont avec la nouvelle politique régionale et les nouveaux crédits qui nous seront soumis prochainement.
Au fond, ma motion propose d'agir immédiatement, mais en inscrivant cette action dans la durée et en ciblant les grands axes stratégiques que sont la durabilité, l'innovation et la numérisation indispensables à la relance de notre économie. Je vous propose par conséquent de soutenir cette motion.