Pointet François · Nationalrat · 2021-09-21
Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2021-09-21
Wortprotokoll
Vous savez comme moi que lorsqu'on parle sécurité, le risque de mettre nos libertés et droits en danger est pour le moins prononcé. Avec ce projet, nous sommes sur un autre axe: nous cherchons à renforcer notre sécurité et notre efficacité d'action par la connaissance et l'information obtenue par l'imagerie par satellite.
La sécurité, c'est: comprendre la situation géopolitique, connaître les intentions des acteurs, connaître les forces en présence, protéger nos intérêts et notre pays, oeuvrer pour la paix. Vous l'aurez compris, le renseignement est la clé de voûte du système. Et l'imagerie par satellite est un point essentiel de la capture d'informations nous permettant d'obtenir une image fidèle des menaces. Nous ne pouvons plus nous permettre de dépendre, au coup par coup, des disponibilités de moyens privés et de risquer d'être aveugles au plus mauvais moment. Il n'est pas non plus souhaitable que les services de renseignement fassent connaître leurs centres d'intérêt. En bref, il est temps de passer à de l'imagerie dont la qualité et la discrétion est adaptée aux objectifs du renseignement.
Evidemment que ces images ne servent pas seulement à garantir notre sécurité, mais aussi à soutenir l'aide en cas de catastrophe et à couvrir d'autres besoins de notre administration. Et ce n'est pas l'utilisation que prévoit d'en faire la France qui doit nous influencer. Nous sommes assurés que ce système servirait aussi, grâce à cette technologie optique, à l'administration.
Nous n'avons pas les capacités financières et technologiques de gérer seuls un système d'imagerie par satellite, nous pouvons donc soit utiliser des services privés, comme actuellement, soit collaborer avec un autre pays, comme cela est proposé.
La possibilité d'obtenir des images de meilleure résolution, d'avoir accès aux archives et de pouvoir programmer le satellite parle en faveur de cette collaboration. Il est à noter que l'on en resterait à 2 pour cent, parce que ce sont les capacités dont la Suisse dispose.
Les Vert'libéraux ont toujours affirmé que la collaboration et l'interopérabilité sont une chance et une nécessité pour une défense crédible et efficace. Selon le projet, tout serait entrepris non seulement pour assurer une collaboration efficiente, mais aussi pour préserver notre neutralité.
Le Contrôle fédéral des finances (CDF) n'est pas de cet avis - vous l'avez entendu - et s'est fendu d'une lettre surprenante à l'intention de la commission. Cette lettre a provoqué un certain retard vu que nous avons décidé d'entendre le CDF. L'audition s'est révélée utile et instructive et a permis de mieux saisir les contours du projet.
Effectivement, les interrogations du CDF sont légitimes, mais nous avons eu l'impression que les réponses apportées par le département n'ont pas été entendues et que le CDF s'aventurait dans des critiques éloignées de ses attributions, en particulier en abordant des points techniques. Le groupe vert'libéral est ressorti rassuré de ces discussions: le rapport qualité/prix est raisonnable et la nécessité d'agir est démontrée.
En bref, après l'exercice nécessaire de l'audition du CDF, les Vert'libéraux considèrent que cette proposition de collaboration est essentielle pour nos services de renseignement et que l'idée de collaborer pour être plus efficient est toujours une solution à considérer.
Les Vert'libéraux vous invitent à entrer en matière et à accepter le projet tel qu'il est présenté par le Conseil fédéral.