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Amaudruz Céline · Nationalrat · 2021-09-23

Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-09-23

Wortprotokoll

Permettez-moi de rappeler au rapporteur, qui manifestement n'a plus fait depuis longtemps de rapport pour la Commission de l'économie et des redevances, que son rôle est avant tout de répéter et de rapporter ce qui s'est dit en commission, ce sur quoi je me réjouis de pouvoir revenir.

L'initiative qui a été déposée par le canton de Genève, qui vise une diminution de 50 pour cent du quota d'importation des vins étrangers, demande très concrètement de soutenir diverses motions qui ont déjà été déposées, et notamment la motion 19.4410 de notre collègue Nicolet. Elle charge le Conseil fédéral de renégocier un abaissement de 50 pour cent du quota d'importation des vins étrangers, qui est fixé à 170 millions de litres.

Le quota d'importation, qui date de plus de trente ans, permet l'importation hors taxes de quelque 170 millions de litres, alors que la consommation de vins en Suisse était de 310 millions de litres en 1988 et qu'elle a reculé à 240 millions de litres aujourd'hui, ce qui correspond à une baisse de 70 millions de litres, laquelle, bien évidemment, se fait sur le dos des vins indigènes dont la consommation a diminué de 50 millions de litres. Hormis les raisons de cohérence liées à la diminution de la consommation globale de vin, qui est de l'ordre de 20 pour cent, il est important de rappeler que cette diminution peut s'expliquer par quatre éléments - et je pense qu'il faut ici aussi retenir les éléments propres à l'écologie que le Parlement aime tellement soutenir à longueur d'année.

Premièrement, les mesures de promotion des vins suisses portent difficilement leurs fruits si les importations hors taxes permettent en parallèle l'arrivée sur le marché de vins importés mis en vente à un peu plus de 3 francs le litre pour les vins blancs, et à un peu plus de 5 francs le litre pour les vins rouges.

Deuxièmement, beaucoup de vins bon marché importés bénéficient, en plus de la suppression de la taxe d'importation, d'un soutien à l'exportation par les pays producteurs.

Troisièmement, les vins importés ne sont pas soumis aux mêmes conditions en termes de normes de production, d'utilisation de produits phytosanitaires ou encore de conditions sociales appliquées au personnel actif dans une grande partie des vignobles étrangers.

Quatrièmement enfin, le bilan carbone et l'impact climatique en termes d'émissions de CO2 des vins étrangers sont bien évidemment catastrophiques, certains vins parcourant plusieurs milliers de kilomètres avant de finir sur nos étals.

Promouvoir le vin suisse, c'est bien; l'offrir à l'apéro, c'est mieux; mais le soutenir par des mesures concrètes, c'est l'unique solution. On l'a entendu: il y a énormément de textes qui ont été déposés, sans pour autant avoir de conséquences concrètes pour nos vignerons.

Mesdames et messieurs, vous avez l'opportunité aujourd'hui de soutenir le produit local, le produit de proximité. Pour nos vignerons, soutenons cette initiative genevoise!