Page Pierre-André · Nationalrat · 2021-09-29
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-09-29
Wortprotokoll
Vous connaissez l'attachement de notre parti aux produits de proximité et de qualité. Vous pouvez donc partir du principe que le groupe UDC, au nom duquel j'ai le plaisir de rapporter, pourrait apprécier un bon salami. Mais les tranches de salami que nos collègues de gauche essaient à tout prix, mais en vain, de nous servir, nous n'en voulons pas. Nous nous opposons fermement à cette misérable tactique du salami. Qui plus est, elle n'est pas cohérente et surtout elle est contraire à la volonté de notre souverain.
Notre groupe a soutenu l'entrée en matière sur l'initiative parlementaire de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie, qui demande une prolongation des mesures de la loi sur le CO2. Mais reprenons les choses dès le début, sereinement.
Le 13 juin dernier, notre souverain suisse a donné son avis: avec 51,6 pour cent de non et 18 cantons et demi, il a dit non à la loi sur le CO2 et à son cortège de taxes. Le verdict populaire ne souffre pas de discussion. Vouloir aujourd'hui, quelque 108 jours après la votation, réintroduire des taxes que le peuple a refusées, c'est tout simplement antidémocratique. C'est faire fi de la volonté de nos électeurs et électrices, qui attendent que nous représentions leurs intérêts. Nos concitoyens et concitoyennes ne veulent pas d'une augmentation du prix de l'essence. Nous n'avons pas, maintenant, à l'introduire quand même par la petite porte.
Et puis, cette proposition de la gauche n'est guère cohérente. Nous venons, il y a quelques heures seulement, de refuser neuf initiatives de cantons qui entendaient introduire des taxes sur les billets d'avion ou imposer le kérosène. Et maintenant, nous voudrions quand même rendre plus cher le billet d'avion ou le litre de kérosène. Où est la cohérence de notre Parlement? Où est sa crédibilité face à nos électeurs? Nous avons d'ailleurs accepté un postulat de commission[NB]qui[NB]demande d'étudier de façon sereine cette problématique.
Avec le refus de la loi sur le CO2 en juin dernier, plusieurs instruments pour la protection du climat arrivent à échéance. Voilà pourquoi la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie vous propose de créer cette solution transitoire jusqu'en 2024. Si cette solution transitoire n'est pas acceptée, alors les importateurs de carburant n'auront plus à compenser les émissions de CO2. Est-ce ce que nous voulons? Non.
Encore une remarque: un élément central de ce projet est donc la prolongation de l'objectif de réduction des émissions de CO2, objectif qui expire fin 2021, c'est-à-dire demain. La commission a décidé que, jusqu'à fin 2024, la Suisse devait réduire chaque année ses émissions de gaz à effet de serre de 1,5 pour cent supplémentaire par rapport à 1990. Mais nous estimons judicieux que les mesures mises en oeuvre à l'étranger puissent aussi être prises en compte dans l'objectif annuel. Cet objectif peut être atteint à condition que les instruments arrivant à échéance maintenant soient maintenus. Même le Conseil fédéral partage l'avis de la commission et juge important que des mesures de protection du climat prises à l'étranger soient autorisées dès l'an prochain.
Mais surtout, il ne doit pas y avoir d'augmentation du prix de l'essence. Suivons donc la minorité Rösti, afin de maintenir un plafond à l'augmentation du prix de l'essence. Rejetons la proposition de la minorité Klopfenstein qui veut à nouveau introduire des taxes et punir une partie de notre population. Respectons la volonté du peuple souverain. Restons cohérents avec nos propres décisions. Refusons de manger, que dis-je, même de goûter une seule tranche de ce salami que la gauche veut nous faire avaler.
C'est pour cette raison que nous avons accepté d'entrer en matière, mais que nous refuserons le projet si nous n'obtenons pas de plafond à l'augmentation du prix de l'essence. Car, finalement, si nous n'écoutons pas la population et qu'un référendum est lancé, cela nous posera un sérieux problème de délai. Alors soyons raisonnables.