Roduit Benjamin · Nationalrat · 2021-12-07
Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-12-07
Wortprotokoll
Je dois, comme rapporteur de la commission, réagir brièvement à certaines prises de position qui nous dérangent.
Premièrement, le projet que vous soumet la commission a été présenté par certains porte-parole de groupe comme celui du lobby des assureurs. Pour vous rassurer, je vous informe que je n'ai aucun intérêt dans le domaine, que je n'appartiens à aucune grande association, même pas à Travail Suisse ou à l'Union syndicale suisse. Oui, je représente peut-être un lobby, celui des citoyens qui ont besoin qu'une solution soit trouvée d'urgence pour assurer le financement de leur retraite.
Deuxièmement, lorsqu'on parle de sabotage parlementaire et de démantèlement du système, c'est faire très peu de cas, et je l'ai dit, des nombreux débats ouverts qui ont été menés en commission durant plus d'une année pour proposer un vrai compromis.
Troisièmement, il ne s'agit pas de trouver un compromis entre la gauche et la droite, ni d'opposer les partenaires sociaux - dont il faudrait d'ailleurs mesurer l'ampleur; lorsque je m'aperçois que l'Union suisse des arts et métiers ne ferait pas partie de ces partenaires sociaux, je suis un peu sceptique - aux partis bourgeois à la solde des assureurs, mais il s'agit, dans une vision beaucoup moins monolithique, de voir qu'il existe beaucoup plus de nuances dans les partis bourgeois, qui savent réfléchir à une réalité qui est multiple.
Quatrièmement, la majorité de la commission, dans son compromis - et j'insiste sur le terme puisqu'il est réfuté par M. le conseiller fédéral lui-même -, modestement, s'est approchée du projet du Conseil fédéral, ne serait-ce que par la baisse du taux de conversion, ne serait-ce que par la déduction de moitié du montant de coordination, ne serait-ce que par la durée de la transition, etc. Ces mesures sont proposées. Mais nous différons, il est vrai, fondamentalement, sur le mode de financement, souhaitant que les mesures prises, tout en gardant leur objectif de financement des retraites sans étrangler la jeune population active, soient ciblées sur ceux qui en ont réellement besoin.
Dernière remarque que j'adresse au porte-parole d'un certain groupe qui se pose la question de savoir si nous sommes à la hauteur de l'histoire: je vous rappelle que les projets qui ont été refusés par le peuple, dont le dernier en 2017, ont été pour la plupart soutenus par cette gauche qui, elle-même, aujourd'hui, nous accuse finalement de ne pas être à la hauteur.
Je tenais à rectifier tout simplement ces différents propos afin de montrer la qualité du travail qui a été fait par la majorité de la commission, et ce sans calcul politique.