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Hurni Baptiste · Nationalrat · 2021-12-13

Hurni Baptiste · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-12-13

Wortprotokoll

Victor Hugo disait: "La musique [...] est la vapeur de l'art. Elle est à la poésie ce que la rêverie est à la pensée, ce que le fluide est au liquide, ce que l'océan des nuées est à l'océan des ondes." Oui, la musique est un des arts où tous les êtres humains se retrouvent. Certes, nous n'aimons pas tous la même musique, mais, de la symphonie classique au jodel, en passant par le rock, le hip-hop ou encore le reggae, nous écoutons tous de la musique. Traditionnellement, la musique s'écoutait chez soi, au travers du dernier CD de son artiste préféré, que l'on avait obtenu après avoir attendu parfois de longues heures devant un magasin.

Force est de constater que la manière de consommer la musique a changé ces dernières années. En effet, s'il est un secteur économique qui ne connaît pas la crise depuis 2015 et dont la progression s'est fortement accentuée en 2020, notamment auprès de publics plus larges, il s'agit bien du streaming, au travers des plateformes de diffusion de contenus. En soi, cela n'a rien de problématique, si ce n'est que cette augmentation ne profite pas aux créateurs de contenus, mais aux géants du numérique, tels que Spotify, Apple Music, Google ou Deezer.

En gagnant 0,39 centime par écoute - et j'ai bien dit 0,39 centime, non pas 39 centimes! -, un artiste doit être écouté au moins 25[NB]000 fois pour obtenir 100 francs et plus d'un million de fois par mois pour espérer recevoir un salaire de 4000 francs.

Ces revenus, largement insuffisants, sont de nature à menacer la création artistique et culturelle, en particulier pour les artistes qui se trouvent au début de leur carrière et qui sont actifs dans un petit pays comme la Suisse, qui plus est divisé en trois espaces culturels. On dira encore que ce constat n'est pas nouveau, puisqu'il a déjà été établi par nos autorités, qui ont apporté des solutions dans le domaine du cinéma et de la création cinématographique. Or, on le sait, différentes solutions sont envisageables pour redistribuer une partie de ces revenus considérables générés au moyen de la création artistique, mais les données manquent cruellement pour envisager d'agir.

Le Conseil fédéral lui-même admet que cette demande d'étude permettrait de clarifier de nombreuses questions, à commencer par la réponse à la question de savoir quelle est l'importance économique de la production musicale suisse en regard de la consommation de musique sur les plateformes de diffusion. En outre, dans ce domaine il convient de souligner que l'OCDE est en discussion, l'Union européenne aussi, alors que d'autres, comme le gouvernement libéral du Canada, a quant à lui présenté un projet de loi.

Ce qui était vrai pour le cinéma devrait l'être aussi pour la création musicale, sur la base de chiffres que cette étude devra amener. Pour nous, ce postulat doit être la pierre fondatrice de la réflexion helvétique sur la manière dont on rémunère la création artistique musicale, afin que notre pays puisse voir la création musicale rayonner.