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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2021-12-15

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-12-15

Wortprotokoll

Je suis un peu monomaniaque dans ce genre de discussion, mais il me plaît toujours de rappeler qu'un conflit traditionnel à l'ancienne entre la Suisse et ses voisins est à oublier. Donc, il faut faire monter en puissance nos moyens sécuritaires face aux risques d'aujourd'hui. Dans le domaine cyber, effectivement, des efforts ont été réalisés, et on peut les saluer. De mon point de vue, on doit faire plus, beaucoup plus. On doit monter en puissance de manière très importante et, pour cela, on doit se donner les moyens d'engager les meilleurs, potentiellement des hackers, pour véritablement être en phase vu que les risques actuels dans ce domaine sont énormes.

Il faut aussi une collaboration entre le civil et le militaire. Il faut, dans notre pays, renforcer les forces policières, parce que les grands risques, ce sont le terrorisme et la criminalité. Je sais bien que c'est du ressort des cantons, mais, par des mesures péréquatives, on doit créer les conditions pour arriver à former ces 3000 à 4000 policiers qui manqueraient dans notre pays.

Ensuite, il y a la promotion militaire de la paix, dossier dans lequel Mme la conseillère fédérale Amherd s'engage. Je pense qu'il faut avancer très vite, très fort dans ce domaine, car toute la paix que l'on génère dans le monde qui nous entoure, c'est autant de risques en moins chez nous. Il faut se donner les moyens de protéger au mieux notre population, notamment contre les défis climatiques.

J'aborderai maintenant encore une question qui est un sujet un peu tabou, c'est celle du soutien militaire en faveur des grandes manifestations, en particulier sportives. En effet, si l'armée ne s'engage plus, il y a un risque de pénaliser ces manifestations et même de remettre en question leur pérennité. Par contre, il y a un problème: si on engage la troupe dans une activité de ce genre, c'est autant de temps en moins pour la formation. Alors, vous direz que Fridez se préoccupe de la formation de l'armée. Je me préoccupe surtout des contingents dont on a besoin. On parle de 100[NB]000 voire de 140[NB]000 militaires. Je pense que ces gens, s'ils effectuent leur service, doivent être engagés pour faire véritablement un travail qui contribuent à leur formation. Il ne faut pas que ces engagements en soutien à des activités sportives soient une justification pour garder un effectif d'autant de militaires.

La commission a compris qu'il s'agit d'une question compliquée et je propose donc de mener une réflexion sur d'éventuelles alternatives - est-ce que l'on aurait d'autres ressources à disposition, comme la PC, le service civil, ou d'autres solutions? - et sur toute la question du financement de ces coûts d'engagement. Je déposerai à l'occasion une proposition visant au dépôt d'un postulat de commission pour voir si la commission est prête à réfléchir à cette problématique pour, d'une part, remplir la mission de l'armée et, d'autre part, faire en sorte que des manifestations sportives puissent toujours être réalisées sans difficulté. Car ces manifestations sont des éléments importants du vivre ensemble dans notre pays qui témoignent de tout ce que notre pays peut apporter à l'interne et à l'externe et montrent que nous sommes un pays dynamique qui réalise de grandes choses.