Pointet François · Nationalrat · 2021-12-16
Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2021-12-16
Wortprotokoll
En 2020, les transports étaient à l'origine de 33 pour cent de la consommation d'énergie finale en Suisse, représentant ainsi le principal groupe de consommation, devant les ménages et l'industrie. En outre, les voitures de tourisme émettent 72 pour cent de toutes les émissions liées au transport en Suisse. La voiture reste le principal moyen de transport dans notre pays, souvent aussi pour des déplacements courts. Nous sommes champions du train aussi, mais il est temps d'inciter à plus de mobilité douce - ou avec un peu de soutien par la force de l'électricité - pour diminuer l'impact des déplacements courts.
Rendre plus sûr et plus fluide le déplacement à vélo est la seule direction possible pour voir plus de personnes user de ce mode de déplacement. C'est bien l'objectif de l'article constitutionnel que l'on met en oeuvre dans cette loi. Les exemples de certains pays du nord de l'Europe ne peuvent que nous encourager. Le défi sera évidemment le partage de l'espace de circulation entre voitures, cycles et piétons. Actuellement, croyez-en un cycliste parfois pendulaire et parfois sportif, la situation n'est pas bonne. Des infrastructures efficaces et bien pensées rendront la cohabitation plus pacifique et permettra à chacun de faire preuve de tolérance envers les autres usagers.
Améliorer le réseau de voies cyclables n'est pas nécessaire seulement pour les pendulaires, mais aussi pour l'utilisation du vélo dans le cadre des loisirs. Notre tourisme est toujours à la recherche d'opportunités de développement d'activités quatre saisons, et lorsque l'on voit l'attrait de nos chemins pédestre, on est en droit de penser que nous avons une opportunité touristique en développant un réseau cyclable sûr.
En exigeant de la Confédération qu'elle apporte son soutien aux cantons et aux communes en matière de planification, d'aménagement et d'entretien des réseaux de voies cyclables, cette loi met en place les outils nécessaires pour doter la Suisse d'une infrastructure cycliste digne de ce nom, une infrastructure qui encourage clairement le transfert modal du transport motorisé au vélo. Aujourd'hui, le vélo sert à aller au travail, livrer des biens de consommation, aller faire des courses, ou encore aller à l'école. Le vélo n'est plus seulement un loisir du dimanche pour aller s'aérer les poumons.
En outre, alors que les voitures bénéficient de nombreux parkings souterrains jusque dans les centres-villes, payés notamment avec des deniers publics, les vélos, eux, doivent souvent être parqués directement sur les trottoirs, non seulement au risque d'être volés, mais surtout avec la certitude de gêner considérablement les piétons et les poussettes.
On ne peut plus penser nos villes et nos villages simplement avec des routes bordées, ou non, de trottoirs souvent étroits. Il n'est pas juste que les communes et les cantons soient livrés à eux-mêmes dans le développement de ces infrastructures, alors que la route bénéficie d'un soutien au niveau national. La situation actuelle n'encourage en rien un transfert modal conséquent de la route au vélo et n'est, dès lors, pas digne d'une Suisse qui prétend prendre le problème environnemental au sérieux.
Je n'entrerai pas dans les détails, mais deux points sont essentiels. N'entrons pas dans le jeu du Conseil des Etats qui, systématiquement, cherche à réduire l'objectif de qualité et d'efficacité de ce réseau. En outre, permettez-moi de faire un détour par l'article 10: il est important que les organisations de défense des intérêts des cyclistes soient impliquées ou, à tout le moins, puissent être impliquées dans la planification du réseau. Lorsque nous parlons d'efficacité et de sécurité, les usagers ont leur mot à dire. Il faut donc conserver la version du Conseil fédéral.
En bref, les Vert'libéraux soutiennent le projet et seront attentifs à ce que le résultat nous permette de développer un réseau efficace et sûr.